
L’art du paysage est habituellement évoqué chez les artistes romantiques, réalistes et impressionnistes du XIXe siècle. Dans son exposition présentée jusqu’au 31 janvier 2027, le musée Marmottan-Monet décide de raconter l’histoire d’après, celle du siècle des conflits mondiaux et de l’abstraction nouvelle. Au fil d’un parcours chrono-thématique, peintures, sculptures et photographies de 112 artistes questionnent la manière dont chaque époque transforme les représentations du paysage depuis 1890 jusqu’à nos jours.
L’art du paysage depuis Monet
L’année 2026 marque le centenaire de la mort de Claude Monet. Il n’est donc pas étonnant de voir apparaître, en introduction de cette exposition, plusieurs de ses toiles représentant les célèbres Nymphéas. Le peintre impressionniste incarne alors le point de départ de cette exposition retraçant de manière chrono-thématique l’histoire de l’art du paysage de 1890 à nos jours. L’aborder dès le tournant du XXe siècle, sans passer par les romantiques et les paysagistes du siècle précédent, offre ainsi un éclairage intéressant sur le genre.

Représenter le paysage au XXe siècle, c’est en premier lieu évoquer sa destruction, celle provoquée par les guerres. Qu’advient-il ensuite ? Une perte progressive du naturalisme pour saisir la force dynamique de la nature. C’est ce que fait Nicolas de Staël dans sa Sicile intense, semblant nous aspirer jusqu’à son aplat rouge au centre ; ou encore Chaïm Soutine dans une toile vertigineuse, jusqu’aux paysages intérieurs d’Yves Tanguy ou Edvard Munch.
Une sélection riche
Evoquer les histoires des paysages du XXe siècle n’est pas une mince affaire. Cela commence par la sélection des oeuvres, qui est particulièrement riche et diversifiée dans cette exposition. Ainsi, le genre est en grande partie abordé à travers la peinture, mais aussi la photographie et la sculpture qui interrogent comment chaque époque influence les manières de représenter le monde.

On prend donc plaisir à découvrir des artistes radicaux que sont Nicolas de Staël ou Chaïm Soutine, mais aussi des obsessionnels de l’abstraction comme Piet Mondrian ou Anna-Eva Bergman. On entre littéralement dans les oeuvres avec une Grottesco creusée dans le carton par Eva Jospin, en promenade imaginaire dans le paysage mescalinien d’Henri Michaux, ou dans l’hypnotisant tunnel d’arbres de David Hockney.
Des sections littéraires… et en errance
Nous pouvons reconnaître que le commissaire Pierre Wat propose des sections singulières dans ce parcours. Chacune semble moins correspondre à une période ou à un style qu’au chapitre d’un récit littéraire qui se déploie tout au long de l’exposition, comme en témoignent les titres : « Nymphéas pour l’histoire », « Pays, paysage », « Local, global, total » ou « Après l’histoire, le paysage ». Ainsi, au-delà des oeuvres, Pierre Wat cherche à développer une réflexion sur le genre.

Histoires de paysages
Lieu : Musée Marmottan-Monet, 2 rue Louis Boilly, 75016 Paris
Dates : Jusqu’au 31 janvier 2027
Horaires : Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h. Nocturne le jeudi jusqu’à 21h. Fermé le lundi, le 25 décembre, le 1er janvier et le 1er mai.
Tarifs : Plein tarif : 14 € ; Tarif réduit : 9 € : Moins de 7 ans : gratuit.
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Image à la une : Claude Monet (1840-1926), Nymphéas, Vers 1916-1919 Huile sur toile, 150 x 197 cm Paris, musée Marmottan Monet © musée Marmottan Monet / Studio Christian Baraja SLB