Et si Molière avait écrit une dernière pièce ? L’IA l’a imaginée


Quelle nouvelle pièce aurait écrit Molière s’il n’était pas mort en 1673 ? C’est de cette question qu’est née « L’Astrologue ou les Faux Présages« , une comédie inédite entièrement créée avec l’IA… Et le résultat est bluffant ! Après sa première à l’Opéra Royal du Château de Versailles début mai, cette pièce mise en scène selon les règles exactes du XVIIe siècle, dans l’esprit du dramaturge, s’apprête à se jouer à Paris.

Une pièce de Molière écrite avec l’IA

Derrière ce spectacle hors norme, il y a d’abord une rencontre : celle du trio d’artistes Obvious, pionniers de l’art génératif, et du Théâtre Molière Sorbonne, troupe spécialisée dans les techniques scéniques du XVIIe siècle. Avec l’ambition de faire dialoguer patrimoine culturel et intelligence artificielle, c’est Sorbonne Université qui a initié ce projet de recherche-création, réunissant chercheurs en humanités, linguistes, ingénieurs et comédiens.

L’équipe Molière Ex Machina au complet © Tom Gachet / Sorbonne Université

Bien que la pièce ait été écrite par l’IA, le processus d’écriture n’a rien d’un simple copier-coller. Les artistes d’Obvious ont entraîné un modèle Mistral sur l’ensemble des œuvres de Molière, des textes de son époque et des références de sa bibliothèque. L’IA a ensuite généré des scènes à partir de prompts rédigés collégialement, chaque proposition étant relue, questionnée et validée par des spécialistes. Même les costumes et les décors ont suivi cette logique. Ils ont été dessinés avec l’IA dans le style du dessinateur Henri Gissey (collaborateur attitré de Molière), puis entièrement réalisés à la main selon les techniques artisanales du XVIIe siècle.

Les danseuses © Tom Gachet / Sorbonne Université

Une comédie dans l’esprit de Tartuffe et du Malade imaginaire

L’intrigue de « L’Astrologue ou les Faux Présages » s’inscrit vraiment dans la veine des grandes comédies de Molière. Géronte, un bourgeois aveuglé par l’astrologie, se laisse convaincre par Pseudoramus (un astrologue charlatan) que les astres ont prédit le mariage de sa fille Lucile avec Merville, son perruquier. Mais Lucile aime secrètement le jeune Cléonte, et c’est Dorine, sa servante rusée, qui va tout manigancer pour déjouer le complot… On reconnaît là la mécanique bien huilée de Tartuffe ou du Malade imaginaire : le père aveugle, la fille contrainte, le charlatan véneux, et la servante maline.

Géronte (Melvin Fauchoux) avec Dorine et Lucile (Coraline Renaux) © Tom Gachet / Sorbonne Université

Molière n’avait jamais consacré de pièce entière à l’astrologie, thème pourtant brûlant à son époque, alors qu’une comète avait semé la panique dans Paris peu avant sa mort. On peut donc dire que cette nouvelle comédie comble ce vide imaginaire avec une cohérence troublante ! La mise en scène, signée Mickaël Bouffard, directeur du Théâtre Molière Sorbonne, respecte scrupuleusement les pratiques historiques : prononciation et déclamation du XVIIe siècle, gestuelle codifiée, costumes brodés main, décors peints selon les techniques picturales de l’époque. Le tout, pour une immersion totale pendant 1h30, en 3 actes et 18 scènes, avec de la musique live.

Les musiciens © Tom Gachet / Sorbonne Université

Où voir la pièce à Paris ?

La pièce sera d’abord présentée à VivaTech, le grand salon parisien des technologies, lors de la journée grand public du samedi 20 juin 2026. Un contexte qui colle particulièrement bien à un spectacle né du dialogue entre IA et patrimoine. Elle sera ensuite jouée au Théâtre de la Cité Internationale du 25 au 28 juin 2026, avant de poursuivre une tournée en France, et même à l’international !

 

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Rédactrice et vidéaste
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