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Joris Delacour : Interview d’un street artist passionné

Joris Delcourt, street artist reconnu
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Joris Delacour est un street artist qui aime transmettre sa passion pour le graffiti. Le jeune homme donne des cours d’initiation mais fait aussi des prestations de live painting ou du team building pour des groupes. Il aime apprendre aux autres à s’exprimer et en a fait son métier. Paris ZigZag l’a rencontré. 

Quel est ton parcours ? 
Je suis Joris, professeur de graffiti et street artist. J’ai fait des études graphiques conciliées à de la communication. Ce ne sont pas mes études qui ont fait de moi ce que je suis à l’heure actuelle, même si je me sers de ces outils-là.  Je me suis nourri de tous ces éléments, mais aussi de toutes les rencontres que j’ai pu faire en présence d’artistes, de musiciens, de personnes en tout genreCe que je vis là, c’est une passion. 

Comment tu t’es mis au graffiti ? Quel était ton premier graff ? 
Je me suis mis au graffiti il y a un certain nombre d’années. Je ne sais plus exactement quand, mais ça remontre à une dizaine d’années. Je ne le faisais pas forcément de manière aussi soutenu qu’aujourd’hui. Quand j’étais jeune, je faisais des petites choses, du lettrage... C’était assez soft. J’apprenais. Je me suis vraiment mis au graffiti, à le faire en grand sur des murs dans Paris ou ailleurs, il y a trois ou quatre ans. Là j’ai commencé à comprendre comment fonctionnaient les techniques. J’ai passé beaucoup de temps à questionner mes amis qui en faisaient. J’ai gagné tout un tas de techniques en parcourant différentes régions ou endroits à Paris avec ces personnes. Cela n’a pas nécessité un apprentissage. Je n’ai pas eu de professeur de graff.

Qu’est ce qui t’a donné envie de faire de l’initiation ?
On est un peu des pionniers dans le sens où on est les premiers dans un secteur pas très développé : l’apprentissage du graffiti. C’est un terrain vierge, n’importe qui peut le vivre. Je mène des actions qui permettent aux élèves de comprendre qu’il est possible de venir s’exprimer dans ces endroits-là. Je les introduis dans la rue pour vivre une expérience de création street art. C’est la possibilité d’apprendre à manier la bombe, d’apprendre ce procédé qu’est le graffiti. J’essaie de transmettre la passion du dessin, via l’utilisation de la bombe. Comme il n’y a pas tout à fait de règles, je donne mes pistes et j’essaie de les orienter au mieux. Ils ont des choses à exprimer, des expériences à faire. Je les encourage et leur donne tous les conseils possibles pour les accompagner dans ce qui pourrait prendre un peu plus d’ampleur dans leur vie. 

Cous d'initiation au street art avec Joris Delcourt

Quelle est la différence entre le graffiti et le street art ?
Le graffiti est un procédé. C’est le fait d’utiliser la bombe. On pourrait utiliser la peinture à l’huile, les pastel, le fusain… Ce sont des procédés. Faire du graffiti, ça ne veut pas dire apprendre à dessiner, ça veut dire apprendre à dessiner avec la bombe. Quand on est dans la culture graffiti, on peut l’accompagner d’outils complémentaires comme le Posca, le pinceau. Dès lors qu’un oeuvre est faite avec du spray, entièrement ou non, ça reste un tableau à mettre dans la catégorie graffiti. 

Pour ce qui est du street art, c’est de l’art dans la rue. Ceux qui s’efforcent de peindre dans la rue, que ce soit à la bombe ou pas, font du street art. C’est une grande discipline qui concerne plein de cultures différentes. C’est assez libre au final, parce que personne ne peut donner la définition. C’est lié à des mouvements de pensée, à des inspirations qui sont diverses et variées et qui permettent à des gens de se regrouper ou de faire ça seul et d’exprimer des choses intimes ou pas. 

Est-ce que tu t’es imprégné de toutes ses valeurs ? Du vandalisme notamment, parce que ça en fait partie…
Je pense qu’il n’y pas de règles précises. Le but dans tout ça, c’est de s’exprimer, de faire valoir ses idées et de vivre sa passion. Chacun est libre de faire ce qu’il entend. La culture vandale est liée au graffiti, mais ce n’est pas ce que j’apprends dans les cours. Chacun est libre de faire ce qu’il veut. J’ai fait un peu de vandalisme quand j’étais plus jeune, mais ça m’est passé. J’ai eu de mauvais retours sur ces actions-là. Quand j’ai commencé à vendre quelques tableaux et que j’ai compris que c’était possible de faire les choses légalement, je l’ai fait. J’ai ignoré toute cette partie vandale où l’on s’approprie des choses. Je ne trouve pas ça très raisonnable. Dans mes cours, je fais de la prévention. J’indique les endroits où l’on peut peindre librement à Paris. Je ne vais pas leur dire de faire ça à la sauvage.

Le street art est partout à Paris

Quelles sont tes inspirations ?
Les impressionnistes m’ont beaucoup inspiré : Monet, Renoir, Caillebotte et Pissarro. Les Cubistes également : Bracques et Picasso. Mais aussi les peintres de la renaissance : Da Vinci, Michel-Ange, Veermer et les surréalistes comme Magritte ou Dali. J’aime aussi Delatourn peintre Classique et Delacroixn peintre romantique…
Pour ce qui est des peintres dans l’actualité : Il y a Mg La Bomba qui est assez répandu dans Paris. Il fait des paysages dynamiques, abstraits, à base de formes et d’effets. Cela donne une jolie dimension. Il y aussi Hopare, un artiste qui est en train de naître, sous le feu des projecteurs. Il m’a beaucoup inspiré, il fait des visages, un peu dans l’abstraction, comme moi. Ça m’a tapé dans l’œil, je ne peux pas ignorer son travail, c’est beau. Il y a Noetwo et un autre artiste SHAKA, qui fait des personnages à base de fragments, des jeux de lamelles qui créent un dynamisme. C’est très beau et ça nécessite un travail assez minutieux. 

Quelle est l’importance des couleurs pour toi ? 
Les couleurs sont les sentiments. J’utilise les couleurs comme le vecteur d’émotions. L’orange se rapporte à des éléments clés : le feu, le soleil, ça va être différent du violet… Chaque couleur a une symbolique. Sans forcément la suivre à la lettre, je l’emploie pour faire passer ces émotions. Il faut bien les choisir. Il y a des couleurs qui ne sont pas joignables, des harmonies qui peuvent être électriques, d’autres sinistres… Les couleurs vibrent dans mes créations car elles sont présentes partout et elles m’inspirent, les couleurs vives principalement.

Comment crées-tu une oeuvre ? 
Je ne fais pas d’esquisse normalement. Je ne fais pas de croquis, je le fais directement à la peinture. Je mets des petits repères. Je construis ma structure de base, j’ajoute les couleurs, je gère le contraste, les effets d’ombre et de lumière et puis c’est parti. C’est un processus assez fixe qui est devenu assez automatique avec le temps. Je continue à apprendre constamment. Je n’ai jamais autant appris que depuis que je suis face à une liberté d’action. 

Paris ZigZag lance les ateliers d’initiation au street art ! Rendez-vous le 5 mars pour apprendre les rudiments de l’art de rue avec Joris !

 

Einstein vu par le street artist Joris Delcourt

Article du 23 février 2017

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