
On se balade souvent dans les jolies rues du Vieux-Lille pour ses belles façades flamandes et l’animation des terrasses. Mais saviez-vous qu’au numéro 9 de la rue Saint-Jacques se cache l’un des faits divers les plus troublants de la capitale des Flandres ? Une bâtisse discrète que les Lillois ont rapidement rebaptisée : « la maison momie ».
Voir cette publication sur InstagramOn approche doucement d’Halloween, alors on vous montre la façade de la maison la plus flippante de Lille 🫣 Vous connaissez d’autres faits lillois aussi effrayants que celui-ci ?".
Un corps parfaitement conservé après quinze ans de silence
Le vendredi 19 octobre 2012, des agents municipaux interviennent au numéro 9 de la rue Saint-Jacques. La maison est quasi en ruine et des problèmes d’infiltrations d’eau inquiètent les voisins. La porte d’entrée est bloquée par une montagne de courriers et il faut carrément découper le volet vert de la façade pour réussir à se glisser à l’intérieur. Dans la maison, le temps semble s’être arrêté. En montant à l’étage, les agents découvrent une chambre fermée à clé de l’intérieur. Quand la porte cède enfin, la scène est saisissante : sur le lit, un homme repose calmement dans son pyjama. Grâce à l’air sec de la pièce close et au passage des années, son corps s’est embaumé naturellement. Le défunt est retrouvé dans un état de conservation parfait, transformé en momie sans la moindre trace d’intervention extérieure ou de violence. Dans l’amas de prospectus accumulés par terre, les derniers courriers (lettres de la sécurité sociale, factures d’électricité) remontent au début de l’année 1997. L’homme est donc mort dans son lit, en silence, quinze ans plus tôt. Pendant tout ce temps, les habitants de la rue pensaient simplement que leur voisin était reparti vivre sa retraite au soleil en Espagne, d’où il était originaire.
Qui était Alberto Rodriguez, le propriétaire des lieux ?
Après de longues recherches médico-légales et des analyses de radiographies, l’identité du défunt est confirmée : il s’agissait d’Alberto Rodriguez. Né en Espagne, il avait fui la dictature franquiste dans sa jeunesse avant de s’installer à Lille en 1948 comme peintre en bâtiment. Solitaire, discret et un brin secret, cet homme très élégant vivait coupé du monde. L’histoire devient encore plus folle quand les enquêteurs découvrent son patrimoine. Des années plus tôt, une riche commerçante lilloise, Lucie Chanat, en avait fait son légataire universel et lui avait légué plusieurs immeubles, dont cette maison du Vieux-Lille. Malgré cette fortune inattendue, Alberto préférait vivre dans un confort très sommaire avec sa petite retraite. Dans son portefeuille retrouvé des années plus tard, il gardait précieusement la photo du couple de commerçants qui l’avait accueilli, témoignage d’une fidélité touchante.
Une histoire qui hante encore le quartier
Après cette découverte macabre, la maison est restée longtemps à l’abandon, alimentant de nombreuses rumeurs et légendes urbaines dans le quartier. Finalement vendue aux enchères en 2023, la bâtisse tourne peu à peu la page de son histoire judiciaire et successorale. L’affaire de la « maison momie » prouve bien qu’au détour d’une rue très fréquentée du Vieux-Lille, des destins entiers peuvent parfois s’éteindre dans l’indifférence la plus totale… Glaçant, n’est-ce pas ?
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