Top des façades les plus insolites de Lille !

Lille façades insolites - Zigzag

La capitale des Flandres regorde de bizarreries architecturales. Vous êtes d’ailleurs peut-être déjà passé à côté de l’une d’elles sans connaître son histoire… Alors voici une petite sélection pour nos Lillois curieux !

1. La Maison Haute – 10 place de Gand

Au numéro 10 de la place de Gand, la Maison Haute interpelle immédiatement le regard. Cet immeuble est tellement disproportionné, étroit et biscornu qu’il semble défier toutes les lois de la gravité ! Né au XIXe siècle pour loger la population ouvrière alors que Lille étouffait derrière ses remparts, ce bâtiment tout en hauteur a été conçu pour grappiller le moindre centimètre carré. Si vous vous placez sur sa gauche et que vous la regardez de face, l’illusion est totale : l’immeuble a l’air complètement plat, comme s’il s’agissait d’une simple façade de cinéma en carton-pâte posée là pour boucher un trou. Si vous voulez l’observer de vos propres yeux, elle se situe à deux pas de la majestueuse Porte de Gand.

Maison Haute place de Gand vue de la gauche puis de la droite - Zigzag

2. La petite maison jaune – 128 passage Notre Dame de la Treille

Si San Francisco a une célèbre maison bleue, Lille a une intrigante maison jaune cachée sur la place Gilleson. Selon une légende urbaine tenace, cette façade lilliputienne ornée d’une grille ancienne, d’une unique fenêtre et d’un petit ponton d’accès surélevé serait la plus petite maison de Lille. En fait, pas du tout ! Il ne s’agit pas d’une habitation mais d’un passage ultra étroit qui relie la place du Lion d’Or à la rue de la Monnaie pour accéder à un immeuble situé en cœur d’îlot. Sa fonction est purement pratique, mais le coup de bluff est parfait. Cette devanture fait partie d’un ensemble construit en rond autour de la cathédrale, qui rappelle que la place était à l’origine une motte féodale entourée par les canaux de la Deûle. Une fois les eaux asséchées au début du XXe siècle, les lits des anciens canaux sont restés visibles au niveau des sous-sols apparents.

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La plus petite façade de maison de Lille ? Pas vraiment… Mais alors à votre avis, qu’est-ce qui se trouve derrière cette fenêtre à l’étage ? 👀

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3. La Maison Coilliot – 14 rue des Fleurus

Coincée au milieu de briques très classiques entre le parc Jean-Baptiste Lebas et Wazemmes, la Maison Coilliot est un ovni architectural plissé, asymétrique et turquoise. En 1898, Louis Coilliot, un entrepreneur lillois un brin excentrique, veut commercialiser un procédé révolutionnaire de lave de volcan émaillée. Pour en faire la promo, il s’offre les services d’Hector Guimard, le futur créateur des fameuses bouches du métro parisien, qui imagine cette façade extravagante comme un catalogue publicitaire à ciel ouvert. Aujourd’hui, le rez-de-chaussée accueille un opticien, une installation ironique quand on voit que les fenêtres supérieures dessinent de gigantesques yeux ouverts sur la rue !

La Maison Coilliot - 14 rue des Fleurus
La Maison Coilliot – 14 rue des Fleurus

4. Les anciens bains lillois – 219 ter boulevard de la Liberté

Construits à partir de 1890 par l’architecte Albert Baert sur le boulevard de la Liberté, les Bains Lillois étaient une véritable usine à bien-être avec 270 cabines, douches, bain de vapeur et trois bassins novateurs, dont un grand de 25 mètres. C’est ici que fut fondé en 1898 le plus ancien club de water-polo du pays, les Pupilles de Neptune de Lille. Sa magnifique façade néoclassique reflète le style Belle Époque avec son portique d’entrée majestueux, ses quatre colonnes en marbre rose, son entablement et sa balustrade. Très fréquentée par les Lillois jusqu’aux années 1980, la piscine a malheureusement dû fermer ses portes en 1991 pour non-conformité avant d’être démolie en 1998. Heureusement, la façade classée monument historique a évité le grand plongeon. Conservée et restaurée, elle fait aujourd’hui corps avec un ensemble immobilier ultra-moderne !

5. L’ancienne Huîtrière – 3 rue des Chats bossus

Dans le Vieux-Lille, le luxe haut de gamme s’est installé dans un lieu chargé d’histoire qui a très longtemps régalé les papilles des habitants. Si l’enseigne Louis Vuitton brille aujourd’hui fièrement au numéro 3 de la rue des Chats-Bossus, le bâtiment abritait autrefois L’Huîtrière, un restaurant légendaire célèbre pour ses fruits de mer. Construit en 1928 par l’architecte Gaston Trannoy et classé aux Monuments historiques, l’immeuble possède un immense bow-window décoré de vitraux littéralement soutenu par une coquille d’huître géante sculptée dans la pierre. La façade est entièrement couverte de mosaïques colorées représentant des poissons et des homards, qui servaient de panneau publicitaire géant pour annoncer la couleur du menu. Après la fermeture en 2016, le groupe LVMH a investi près de 2 millions d’euros pour restaurer ce patrimoine, intégrant les anciens plans de travail des cuisiniers au décor de la boutique !

La façade de l'ancien Huitrière conservée par Louis Vuitton à Lille - Zigzag
La façade de l’ancien Huitrière conservée par Louis Vuitton à Lille © Louis Vuitton – Zigzag

Bref vous l’aurez compris, Lille n’est pas en reste quand il s’agit de surprendre niveau architecture… Elle possède d’ailleurs aussi de nombreux noms de rues vraiment bizarres, des choses insolites à voir dans le métro, et même d’une place en forme de casquette qui s’appelle… La place Casquette.

Photo en couverture © Canva

Rédactrice et vidéaste
Je vous embarque dans les rues pavées de Lille pour débusquer des lieux secrets et des pépites méconnues !