Le secret de Saint-Sulpice

Eglise_St_Sulpice_Paris_3-paris-zigzag

Parfois considérée comme une église disgracieuse à cause de son asymétrie, Saint-Sulpice reste une icône du sixième arrondissement.

Fragilisée par le temps, l’oxydation et la pollution, l’édifice a subi en 2011 une restauration pharaonique ayant coûté près de 28 millions d’euros. Cette cure de jouvence a redonné ses lettres de noblesse à l’église, permettant aux Parisiens de la porter à nouveau dans leur cœur.

L’histoire vraie du méridien de Saint-Sulpice

Mais paradoxalement, c’est surtout le coup de projecteur donné en 2003 par le « Da Vinci Code » qui a fait redécouvrir Saint-Sulpice à de nombreuses personnes. Cependant, contrairement à ce que le roman explique, le méridien visible à Saint-Sulpice ne se confond pas avec le méridien de Paris, et il n’a jamais servi à déterminer la longitude d’un point du globe terrestre. Le véritable méridien de Paris est le méridien passant par le centre de l’Observatoire de Paris, un peu plus à l’est de notre église.

meridien saint sulpice paris saint germain

Un gnomon dans l’Église

Quoi qu’il en soit, il est exact que Saint-Sulpice abrite un élément insolite en son sein : un gnomon du 18e siècle. Mais qu’est-ce  qu’un gnomon ?

 “Gnomon” est un mot grec qui signifie “moyen de savoir”. Il s’agit en réalité d’un simple outil de mesure installé à Saint-Sulpice en 1727, permettant à l’époque de déterminer la date précise de Pâques (à la pleine lune suivant l’équinoxe de printemps).  L‘ésotérisme n’y avait donc aucune part.

Les travaux firent ériger dans le bras nord du transept de l’église un obélisque en marbre blanc de 10,72 m de hauteur. Au pied de cet obélisque, on fit tracer une méridienne matérialisée par une réglette de laiton incrustée dans le dallage de l’église. On plaça également dans le vitrail du transept sud une lentille placée à une hauteur de 24,54 m.

Ci-dessous, voici un schéma (en anglais) qui explique bien le fonctionnement de cet outil astronomique proche du cadran solaire. Les rayons du soleil concentrés par la lentille viennent frapper l’obélisque ou la ligne de laiton au sol. C’est à partir de là que l’on mesurait les solstices d’été et d’hiver ainsi que les équinoxes* de mars et de septembre marquant respectivement le début du printemps et de l’automne.

(*) équinoxe = lorsque le jour et la nuit ont une durée identique

Saint-Sulpice-Gnomon eglise paris insolite schema

Crédits image de Une : Chabe01