Ces femmes qui ont fait l’Histoire de Paris

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Femmes de tête, femmes d’influence, femmes de scienceParis Zigzag revisite les portraits du beau sexe, de celles qui ont fait l’Histoire parisienne. Petites et grandes destinées s’entremêlent, le temps d’un panorama flamboyant !

Sainte Geneviève

On la connaît comme étant la patronne de Paris, mais qu’a-t-elle fait ? Rien moins que repousser les Huns en dehors de la ville. A l’annonce du siège ennemi, cette modeste nonne entreprend de convaincre les Parisiens de résister à l’invasion coûte que coûte.

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L’entreprise est un succès. Les habitants se préparent au siège, portés par la ferveur communicative de la religieuse. Les Huns n’aimant que les victoires faciles, Paris est alors laissée tranquille. En hommage à cette heure de gloire, Sainte Geneviève est enterrée dans l’église Saint-Etienne-du-Mont.

Olympe de Gouges

Femme d’avant-garde, Olympe est l’une des premières politiciennes de la capitale. Son premier champ d’action ? Le théâtre, où elle se fait rapidement connaître au 18e siècle pour ses pièces controversées. Auteure d’une vingtaine d’œuvres essentiellement politiques, elle milite avec rage pour l’abolition de l’esclavage, le droit des Femmes ou encore le droit au chômage des ouvriers.

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Mais d’autres causes lui tiennent aussi à cœur. Un an après son puissant plaidoyer en faveur du divorce, la loi concernée obtiendra gain de cause.

Comtesse de Castiglione

Sa beauté est légendaire, mais fait surtout diversion. Car avant d’être un modèle renommé de photographie, la Comtesse Virginia de Castiglione est espionne avant tout. Italienne d’origine, elle attire Napoléon III dans ses filets et devient sa maîtresse, piégeant sur l’oreiller tout un tas de secrets politiques français… Ses proies sont nombreuses et jalonnent son parcours mystérieux de femme de l’ombre.

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Louise Colet

En admiration devant elle, Victor Hugo l’appelle « la déesse des Muses ». A l’inverse, Flaubert la dénigre facilement en public. En cause ? Leur rupture difficile après plusieurs années de folle passion. Militante féministe et poétesse, Louise Colet se fait surtout connaître pour son Poème de la Femme, projet inachevé de six longs récits qui devaient retracer la destinée féminine dans toutes ses conditions sociales. Elle n’en achève que trois volets avant sa mort, mais l’œuvre est puissante et fait longtemps résonner son nom dans Paris.

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Sarah Bernhardt

On ne présente plus « la Voix d’Or » des planches… C’est pour elle que Cocteau, dans un moment d’inspiration, consacra l’expression « monstre sacré ». Tragédienne, oui, mais star populaire avant tout : Sarah Bernhardt influence son époque aussi bien au théâtre que dans les boutiques de mode ou la sphère politique (elle défend Zola pendant l’affaire Dreyfus).

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Sa devise ? Un « quand même » victorieux qui remonte à l’enfance, lorsqu’elle parvient à traverser un ruisseau qu’on disait infranchissable. Même avant sa mort, pourtant amputée d’une jambe, sa détermination à jouer sur scène est intouchable. Elle se donne en spectacle assise, et remporte à sa mort des funérailles nationales.

Marie Curie

Première femme à avoir reçu un prix Nobel, la seule à en avoir eu deux, on oublie parfois que Marie Curie est parisienne d’adoption. A la mort de son mari, celle qui a déjà découvert la radioactivité prend un poste de professeur à la Sorbonne et obtient (encore) le célèbre prix pour ses travaux sur le radium et le polonium.

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Amie d’Einstein, elle met en place « les petites Curies », des ambulances à rayons X qui localisent les balles dans le corps des blessés pendant la première Guerre Mondiale. Longtemps associée à son mari, l’Histoire lui a rendu ses titres d’honneur en la considérant comme l’une des plus grandes scientifiques.

Simone de Beauvoir

C’est dans son petit trois-pièces parisien, rue de la Bûcherie, que la célèbre intellectuelle écrira le « Deuxième Sexe ». Décriée par les hommes à la sortie du livre, Simone de Beauvoir gagne le cœur des femmes et de l’Histoire en posant des jalons de la libération féminine des années 70. Même adresse, elle compose le très autobiographique « Mandarins », qui lui vaut le prix Goncourt en 1954. Parisienne de tête et de cœur, elle est aujourd’hui enterrée à Montparnasse.

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Eugénie Buffet

Célèbre chanteuse de cabaret début 20e, Eugénie Buffet ne se repose pas sur ses lauriers. Sa notoriété ne l’empêche pas de chanter dans les rues parisiennes, gardant toujours un contact étroit avec le peuple. Elle donne une partie de ses gains aux pauvres et aux malades, et pendant la grande Guerre, on la surnomme « Caporale » parmi les Poilus : elle a pris l’habitude de chanter pour eux et pour leurs veuves. L’Histoire la retient comme l’un des plus grands cœurs du vieux Paris. Pour Jean Renoir, c’est Piaf qui l’interprétera sur grand écran.

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Joséphine Baker

On la connaît comme la première star noire et l’enchanteresse des salles parisiennes, où elle dansait à demi-nue avec un charme explosif. Le public s’emballe sans pour autant lui donner la faveur du respect, n’oublions pas l’époque… Mais toujours est-il qu’elle devient un emblème incontournable, celui d’une liberté nouvelle et d’une culture jazz qui s’infiltre en grande pompe à Paris. Ce qu’on sait moins d’elle ? Elle obtient la médaille de la Résistance à la Libération, pour ses services rendus au contre-espionnage pendant la guerre.

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Régine Deforges

C’est la première femme à avoir ouvert sa propre maison d’édition, en 1968. Vive et rebelle, Régine Deforges se lance dans une carrière éditoriale brûlante où défilent des titres d’ouvrages récriés, sulfureux, souvent censurés (comme sa réédition du con d’Irène, retiré de la vente 48h après sa publication). Régine n’aura de cesse de se battre avec la justice pour garder sa liberté éditoriale. Elle écrit la Bicyclette Bleue en 1981, succès phénoménal à travers le pays.

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@AFP PHOTO (8 avril 1970, Paris)

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