Sur les pas d’Émile Zola à Paris

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Les écrivains parisiens sont nombreux. Mais rares sont ceux qui ont réussi la prouesse de dépeindre à la perfection la vie de la capitale à une époque donnée. Ce pourquoi l’œuvre de Zola est considérée encore aujourd’hui comme une source incroyable de témoignages du fonctionnement de Paris. Pour puiser de l’inspiration pour ses livres, malgré son caractère casanier, Émile Zola a fréquenté de nombreux lieux de la capitale. Marchons sur ses pas pour redécouvrir le Paris Haussmannien !

La montagne Sainte-Geneviève

C’est là que Zola et sa mère ont longtemps vécus, d’appartement en appartement et surtout dans une grande précarité. En effet, la mort prématurée de François Zola a conduit à la liquidation de sa société, laissant sans le sous son fils et sa femme. C’est dans les alentours du Panthéon, rue Soufflot, rue Monsieur-le-Prince, rue Saint-Jacques ou encore rue de l’École de médecine qu’il a vécu pendant sa jeunesse et ses débuts dans le journalisme.

 

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© guillemettemonarqu

Le quartier des Batignolles

Zola y a emménagé à partir de 1865 avec Alexandrine Meley, qui devient sa femme 5 ans plus tard. La mère de notre écrivain avait certains doutes par rapport à ce ménage, et les relations fortes qu’elle avait avec son fils ont retardé le moment de quitter la Montagne Sainte-Geneviève pour se rendre rive droite, dans le quartier des Batignolles. C’est en effet dans ce secteur que les grandes rédactions se trouvaient alors. Rue Moncey, avenue de Clichy, rue Truffaut, rue la Condamine… autant d’artères où Zola a vécu.

 

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© neneadventure

L’Académie Française

Pendant sa vie, Zola a tenu la barre de nombreux combats politiques et artistiques. Il y en a cependant un qui mérite d’être noté, puisqu’il concerne plus précisément l’amour propre de notre auteur. Alors que la France entière reconnait ses talents, y compris parmi ses compères écrivains, il désire faire partie des immortels de l’Académie Française. Après un premier échec, il a réitéré au moins dix-huit fois la demande, sans succès. Sur le site de l’Académie a répertorié 25 demandes. Zola a abandonné après son implication dans l’Affaire Dreyfus. Cocasse pour celui qui avait pour écrit en 1868 à propos de cette institution qu’il s’agissait d’une « serre d’hivernage pour les médiocrités qui craignent la gelée »…

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© Marie Thérèse Hébert

Le siège de l’Aurore

S’il est un événement qui a marqué plus que les autres la vie de l’écrivain, c’est la sortie de « J’accuse ». Tous les livres de histoire en parle, et pour cause. À l’époque journaliste pour L’Aurore, au 142 rue de Montmartre, Émile Zola écrit le 13 janvier 1898 une lettre ouverte au Président de la République, Félix Faure, dénonçant le procès d’Alfred Dreyfus condamné sans preuves et sur fond d’antisémitisme… C’était il y a 120 ans, et cet article paru en Une a sonné le début de l’Affaire Dreyfus, un des plus grands feuilletons médiatico-politique de la République Française. Bien que le journal créé par Clemenceau ait disparu, l’immeuble du 142 existe toujours et une plaque commémorative y est visible.

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Mort rue de Bruxelles

Émile Zola est mort intoxiqué en 1902, à l’âge de 62 ans, dans son domicile du 21bis rue de Bruxelles, dans le 9ème arrondissement. Durant la nuit, la combustion lente d’un feu couvert dans la cheminée l’a fait succomber, alors qu’il dormait avec sa femme. Cette dernière s’en est sortie mais il était trop tard lorsque les médecins sont arrivés au petit matin. De nombreuses hypothèses ont été faites à propos de cette mort qui a fait beaucoup de bruits en France, supposant qu’il s’agissait peut-être d’un assassinat… Mystère non résolu. En tout cas, les cendres de l’illustre écrivain reposent au Panthéon depuis 1908.

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