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Connaissez-vous la somptueuse villa antique qui a été construite par un membre de la famille Bonaparte à Paris ?

Gustave Boulanger, Répétition du Joueur de flûte et de la Femme de Diomède chez le prince Napoléon (1861)
Par Julien Mazzerbo

Saviez-vous que le cousin germain de Napoléon III, Jérôme, s’était fait construire une villa de style antique au cœur du 8e arrondissement de Paris ? Destinée à la maîtresse du prince, son architecture somptueuse abritait des collections de toute sorte. Partons à la découverte de ce joyau éphémère détruit à la fin du XIXe siècle.

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“Un hôtel particulier d’inspiration néo-grecque”

Le prince Napoléon-Jérôme Bonaparte, cousin de l’empereur, souhaite ériger un hôtel particulier d’inspiration néo-grecque pour impressionner sa maîtresse, la tragédienne Rachel Félix. “Plon-Plon”, comme on le surnomme, fait appel à plusieurs architectes pour bâtir la déroutante villa, dont Alfred-Nicolas Normand. C’est lui qui s’occupera de la majorité de la construction, influencé par Jacques-Ignace Hittorff, théoricien de l’architecture polychrome.

Anonyme, Alfred Normand dans son atelier de la rue des Martyrs
Anonyme, Alfred Normand dans son atelier de la rue des Martyrs (date inconnue)

Le chantier commence en 1856 au 16-18 avenue Montaigne, dans le 8e arrondissement de Paris. A cet emplacement se trouve l’ancien pavillon des Beaux-Arts de l’Exposition universelle de 1855, que le prince Jérôme présidait. Le gros-œuvre est achevé en 1858, année durant laquelle Rachel Félix décède, et la totalité de l’édifice en 1860.

Vue extérieure de la maison pompéienne avant sa destruction (1891) © Ministère de la Culture / Médiathèque du patrimoine et de la photographie / Dist. RMN-Grand Palais / Alfred-Nicolas Normand
Vue extérieure de la maison pompéienne avant sa destruction (1891) © Ministère de la Culture / Médiathèque du patrimoine et de la photographie / Dist. RMN-Grand Palais / Alfred-Nicolas Normand

L’architecte s’inspire de la villa de Diomède à Pompéi, en Italie, un des monuments les plus célèbres de la cité déchue. La maison pompéienne se calque donc sur la mouvance illusionniste des deuxième et quatrième styles du courant pompéien dans lesquels priment la rareté des revêtements, l’usage de la polychromie et l’élaboration de fresques picturales, entre autres.

A gauche : atrium. A droite : lavabo dans la salle froide (1891) © Ministère de la Culture / Médiathèque du patrimoine et de la photographie / Dist. RMN-Grand Palais / Alfred-Nicolas Normand
A gauche : atrium. A droite : lavabo dans la salle froide (1891) © Ministère de la Culture / Médiathèque du patrimoine et de la photographie / Dist. RMN-Grand Palais / Alfred-Nicolas Normand

inscription

Grandeur et démesure

L’hôtel particulier est inauguré en février 1860 lors d’une “fête à l’antique” qui réunit l’empereur, l’impératrice et la cour. Les visiteurs sont partagés entre émerveillement et sidération pour cette folie architecturale qui dépasse l’entendement. Les décors intérieurs ont été réalisés par l’ornemaniste Charles Rossigneux et les peintres Sébastien Cornu et Jean-Léon Gérôme, qui travaillent sur des toiles marouflées. Des couleurs chaudes alternant entre le rouge et le noir habillent l’ensemble des tapisseries et des peintures. On peut aussi retrouver une collection d’antiquités égyptiennes appartenant au prince Napoléon, mais surtout une série de bustes de la famille Bonaparte provenant du sculpteur Eugène Guillaume.

A gauche : statue de Napoléon Ier, anonyme. A droite : atrium au 1er étage (1891) © Ministère de la Culture / Médiathèque du patrimoine et de la photographie / Dist. RMN-Grand Palais / Alfred-Nicolas Normand
A gauche : statue de Napoléon Ier, anonyme. A droite : atrium au 1er étage (1891) © Ministère de la Culture / Médiathèque du patrimoine et de la photographie / Dist. RMN-Grand Palais / Alfred-Nicolas Normand

Mais la démesure de l’édifice (qui contient une bibliothèque et même des thermes !) ne dure qu’un temps : le mariage politique de Napoléon-Jérôme avec Clotilde de Savoie, fervente catholique, réduit à néant l’espoir de faire perdurer la villa, et, en 1865, le prince doit quitter la France à la suite de désaccords avec l’empereur. L’année suivante, l’hôtel particulier est cédé à des investisseurs qui en font temporairement un musée. Abandonnée à la fin du siège de Paris en 1871, la maison pompéienne disparaît définitivement en 1891, qui sera entièrement démolie.

A gauche : véranda. A droite : porte d'entrée de l'atrium © Ministère de la Culture / Médiathèque du patrimoine et de la photographie / Dist. RMN-Grand Palais / Alfred-Nicolas Normand
A gauche : véranda. A droite : porte d’entrée de l’atrium © Ministère de la Culture / Médiathèque du patrimoine et de la photographie / Dist. RMN-Grand Palais / Alfred-Nicolas Normand

A lire également : Avez-vous déjà entendu parler de “l’homme rouge”, ce fantôme terrifiant qui hantait le palais des Tuileries ?

Image à la une : © Gustave Boulanger, Répétition du Joueur de flûte et de la Femme de Diomède chez le prince Napoléon (1861)

Sources : BnF, hypotheses.org, Rmn-GP

Julien Mazzerbo

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