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La croix du Trahoir, un lieu de supplice en plein Paris

Par Laurine

Difficile de croire qu’au croisement de la rue Saint-Honoré et de l’arbre sec, en plein Paris, s’est trouvé pendant des siècles, un lieu de torture et d’exécution…

Plan de Paris vers 1530 (la croix est située en haut à gauche)

Un lieu de supplice public

Ce carrefour situé dans le 1er arrondissement de Paris (à proximité du Louvre) fut longtemps un des plus fréquentés. Jusqu’au règne de Louis XVI, on y pratiquait la torture, comme l’essorillement, réservée aux serviteurs indélicats et qui consistait à leur couper les oreilles. Le bourreau devait de préférence couper l’oreille gauche car, disait-on, « il y a en icelle, une veine qui répond aux parties naturelles, laquelle étant coupée rend l’homme incapable de pouvoir engendrer, afin que cette race de gens ne laisse au monde une engeance méchante et vicieuse dont il n’y a que trop ».

Des exécutions avaient également lieu sur cette place, comme celle des faux-monnayeurs (le pont au change et la rue de la Monnaie ne se trouvant pas loin) et une roue de supplice ainsi qu’une potence y étaient installées. C’est d’ailleurs de celle-ci que viendrait le nom de la rue « l’arbre sec », surnommée pendant un moment « la rue des pendus », pas très glamour… .

Et la croix du Trahoir dans tout ça ?

Le nom « trahoir » proviendrait du vieux français et désignerait le « tiroir » que l’on tirait lors de la vente de tissus dans les commerces environnants. La croix qui fut détruite à la Révolution était destinée aux suppliciés pour y  faire leur dernière prière avant de mourir.

Plaque située à proximité de la fontaine actuelle

Aujourd’hui, reste visible un bâtiment auquel est adossée la fontaine actuelle, construit en 1776 et remplaçant la maison depuis laquelle les juges assistaient aux exécutions. L’architecte de celui-ci n’est autre que Jacques-Germain Soufflot (connu pour être aussi l’architecte du panthéon). La fontaine quant à elle, fut d’abord construite sous François Ier par Jean Goujon et reconstruite ensuite à la demande de Louis XVI, comme l’indique la plaque où est rédigé en latin :

« Louis XVI, la première année de son règne, ordonne pour le bien public que le château d’eau de l’arc de Julien, vétuste et en mauvais état, soit complètement réédifié avec plus d’élégance par Charles Claude d’Angivillers surintendant des Bâtiments du Roi. »

 

Laurine – Guide Conférencière

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