
En plein milieu de l’automne et à l’heure où les températures se rafraîchissent, on grelotte tout autant en entendant ces sombres histoires qui se sont passées à Lyon. Entre celle d’une dame blanche qui annonce les catastrophes à la Croix-Rousse, celle d’un hôtel hanté à Perrache ou encore une morgue flottante installée sur le Rhône à partir de 1850…Elles se racontent particulièrement bien pour le soir d’Halloween.
La dame blanche de la Croix-Rousse, un fantôme annonciateur de catastrophes
Revenons en 1840, au détour d’une promenade nocturne sur les remparts Nord de la ville, actuel boulevard de la Croix-Rousse, apparaît une mystérieuse femme, toute vêtue de blanc. Son allure fantomatique laisse penser qu’elle ne fait pas partie du commun des mortels, et elle s’approche doucement… Courez !

En effet, celle qui est alors surnommée la Dame Blanche de Croix-Rousse est un fantôme qui annonce les malheurs prêts à s’abattre sur la capitale des Gaules. Le spectre flotte au-dessus du sol et tient dans ses mains un objet qui prédit le drame à venir : une coupe d’eau pour une inondation, une torche pour la peste, du pain pour la famine, une épée pour la guerre… Et en 1840, certains Lyonnais disent l’avoir aperçue avec de l’eau, et la ville a ensuite été touchée par… de grandes inondations !
Les murs hantés de l’hôtel Château Perrache, ancien siège de la Gestapo
L’hôtel Château Perrache, cours de Verdun-Rambaud à côté de la gare Perrache, a ouvert en 1906 sous le nom d’Hôtel Terminus – le nom est déjà sombre, et encore plus quand on sait ce qu’il s’y est passé. En 1942, l’armée allemande le réquisitionne pour le transformer en principal siège de la Gestapo. Avec à sa tête l’affreux Klaus Barbie, le lieu servira aux interrogatoires et à la torture des Juifs ou opposants politiques, pour la plupart enfermés à la prison de Montluc.

Des atrocités s’y déroulent, et quelques années plus tard, il semble que ses murs s’en souviennent encore. Une agente de la SNCF séjournant dans l’hôtel se plaint d’être empêchée de dormir par des grattements sur les murs de sa chambre, comme si quelque chose (ou quelqu’un ?) tentait d’arracher la tapisserie avec ses ongles. Le personnel lui aurait répondu qu’il n’y avait pas de rats. Le mystère reste entier, mais d’autres clients disent avoir vu des ombres glisser le long des murs et des fenêtres…Et si l’hôtel était hanté ?
La morgue flottante du Rhône et la curiosité morbide des Lyonnais
L’histoire commence en 1842, quand les voisins de l’église Saint-Paul obtiennent la fermeture du service mortuaire, indisposés par les odeurs putrides. La ville manque alors de lieux pour stocker les cadavres non identifiés. En 1850, une solution censée être temporaire est trouvée : une morgue amarrée au pied de l’Hôtel-Dieu, installée sur un ancien bateau-lavoir. L’eau du Rhône y coule en continu sur les corps pour mieux les conserver.

Les Lyonnais peuvent se presser contre la paroi vitrée pour reconnaître un proche, ou par « simple » curiosité morbide. Ce qui nous apparaît très dérangeant aujourd’hui semble plutôt normal à l’époque, mais prendra une tournure sacrément dérangeante en 1901, lorsque la tête d’une jeune femme de 25 ans, dont le corps a été découpé par son meurtrier, y est exposée. Et ce qui fait encore plus froid dans le dos, c’est que des dizaines de milliers de Lyonnais se pressent pour la voir… La victime, quant à elle, ne sera jamais identifiée et son meurtrier jamais puni.
Lyon n’a pas fini de nous faire frissonner…
Photo en Une : sanderstock