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L'inquiétante recrudescence des maisons closes en Île-de-France

Par Romane Fraysse

En seulement deux ans, on compte trois fois plus de démantèlement de réseaux de proxénétisme dans la région. Les prostituées, souvent originaires de l’Amérique du Sud, sont secrètement exploitées dans des pavillons de la banlieue parisienne.

Un chiffre alarmant

Le 15 novembre dernier, un réseau a été découvert dans un grand pavillon de Drancy par la Brigade de répression du proxénétisme (BRP) de la police judiciaire parisienne. Dans cette maison close, une douzaine de prostituées étaient exploitées depuis quatre ans. Celles-ci auraient été recrutées par une femme originaire d’Amérique du Sud, aussi soupçonnée d’organiser leurs activités dans d’autres lieux d’Île-de-France, comme à Blanc-Mesnil et Aulnay-sous-Bois. Une affaire qui fait suite à l’intervention de la BRP dans une autre maison les 13 et 14 novembre 2022 à Saint-Ouen, où exerçaient une quarantaine de prostitués travestis et transgenres péruviens.

Ces “maisons closes contemporaines”, illégales depuis la loi Marthe Richard de 1946, se sont multipliées par trois ces dernières années en Île-de-France, et plus particulièrement en Seine-Saint-Denis, où se trouvent de nombreux pavillons bon marché. Une hausse qui fait suite à la pénalisation du client, votée en 2016, puisque la condamnation ne peut être faite qu’avec les preuves de surveillances sur les voies publiques.

Par ce phénomène d’”ubérisation”, la prostitution redevient ainsi une pratique dissimulée. Les clients peuvent réserver une chambre, ce qui donne l’illusion d’une démarche plus luxueuse, discrète et sécurisée. C’est aussi avantageux pour les proxénètes, qui proposent des tarifs deux à trois fois plus élevés. En l’espace des premiers mois de l’année 2022, onze réseaux ont été démantelés. Originaires de Colombie, de Paraguay ou du Brésil, ceux-ci révèlent la montée de la délinquance en Amérique du Sud, qui s’exporte en Europe.

Afin de lutter contre ce phénomène alarmant, les autorités judiciaires ont décidé de sanctionner plus sévèrement les propriétaires qui mettent leurs biens à disposition en échange de loyers excessifs. Face à cette menace, celles-ci espèrent les dissuader et mettre un terme à la sordide activité de ces réseaux.

Photo : Maison Souquet © DR

À lire également : Petit lexique de la prostitution au XIXe siècle



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