Portrait de parisien : Charles Baudelaire

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Monument de la poésie française, Charles Baudelaire (1821-1867) est aussi une figure de ceux que l’on surnomma les poètes « maudits ». Torturé mais talentueux, il ne fut pas vraiment reconnu de son vivant. Néanmoins il laisse à Paris l’empreinte de son passage (puisqu’il eut plus de 40 domiciles dans la capitale !) et offre à la littérature des ouvrages devenus mythiques.

Un enfant talentueux mais rebelle

Lorsque Charles Baudelaire naît à Paris au 13 rue Hautefeuille, le 9 avril 1821, son père a déjà plus de 61 ans et décède à peine 6 ans plus tard. L’enfant n’accepte pas l’homme avec lequel sa mère se remarie, le général Aupick, qui incarnera toujours pour lui des valeurs militaires et bourgeoises auxquelles il s’oppose. Il est renvoyé du collège Louis-le-Grand (où il remporte pourtant le 2e prix de vers latins au Concours Général) pour son attitude rebelle à l’autorité et soupçon d’homosexualité. Il passe son bac au lycée Saint-Louis.

Une vie dissolue

L’héritage laissé par son père lui permet d’abord de ne pas travailler. Mais Charles mène une vie dissolue et dilapide tout son argent. Mis sous conseil judiciaire par sa famille, il devient journaliste et critique d’art pour pouvoir vivre. Il traduit les œuvres d’Edgar Poe, commence à écrire des poèmes et c’est en 1857 qu’il produit son œuvre majeure « Les Fleurs du mal ». Celle-ci est condamnée pour « outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs » : il doit payer une amende et supprimer des passages. L’ouvrage ne sera réhabilité que 92 ans plus tard !

Le poète maudit

Déménageant sans cesse, il fuit ses dettes, abuse de l’alcool et des drogues (il fait partie du célèbre club des Haschischins), il contracte la syphilis, et est atteint de paralysie et de troubles du langage. Il s’éteint à Paris au 1 rue du Dôme à l’âge de 46 ans et est inhumé au cimetière de Montparnasse… Malheureusement pour lui dans la même tombe que son beau-père détesté ! Charles Baudelaire nous laisse malgré tout en héritage une poésie annonçant la modernité et le symbolisme, qui sera reconnue bien après sa disparition et fait aujourd’hui partie de notre patrimoine collectif.