Fille illégitime du fils d’un châtelain et d’une servante, élevée par ses grands-parents en Haute-Marne, Louise Michel (1830-1905) fait partie des rares femmes à s’être vue attribuer le nom d’une station de métro à Paris. On dresse pour vous le portrait de cette personnalité qui a marqué l’histoire de la capitale.

Une institutrice républicaine qui prône l’éducation pour tous…

Arrivée à Paris à l’aube de ses 26 ans, Louise Michel n’est, en 1856, qu’une simple enseignante stagiaire dans une pension du Xe arrondissement ; passionnée par son travail, elle se fera pourtant rapidement une place en ouvrant plusieurs cours et écoles dans les quartiers ouvriers de Paris. Pour elle, « la tâche des instituteurs, ces obscurs soldats de la civilisation, est de donner au peuple les moyens intellectuels de se révolter. » (Louise Michel, Mémoires, 1886). Cette jeune érudite qui lit Voltaire et Rousseau dédiera ainsi une grande partie de sa vie à ce qu’elle considère comme le plus grand des combats : l’égalité dans l’éducation. Les enfants handicapés, les fils et filles du “petit peuple”, les ouvrières… Pour Louise Michel, tout le monde doit pouvoir apprendre, s’instruire, s’ouvrir sur le monde. Profondément républicaine, avant-gardiste dans le domaine de l’égalité au sein du peuple, elle ne travaille alors que dans des écoles libres, qui ne prêtent pas allégeance à l’Empereur Napoléon III.

Louise Michel en 1880

À côté de son activité d’enseignante qu’elle pratique avec une passion certaine, Louise Michel se lie d’amitié avec plusieurs personnalités blanquistes et intègre le petit monde des révolutionnaires parisiens : en 1869, elle devient secrétaire de la Société démocratique de Moralisation destinée à aider les ouvrières. Un an plus tard, elle est élue présidente du Comité de vigilance des citoyennes du 18e arrondissement. Nous sommes alors quelques mois après la chute du Second Empire et la Commune de Paris n’est pas loin. Elle en sera l’une des femmes les plus actives et les plus remarquées.

…devenue l’une des grandes figures révolutionnaires de Paris

Surnommée « la Louve avide de sang » par ses détracteurs, Louise Michel n’est pas encore anarchiste lors de la Commune de Paris, mais déjà de tous les combats. Le 18 mars 1871, elle résiste aux troupes d’Adolphe Thiers et les empêche de s’emparer des canons de la Garde nationale ; entre le 21 et le 24 mai 1871, lors de la Semaine sanglante, elle se bat sur les barricades ; le 24 mai, elle se constitue prisonnière pour sauver sa mère, prise en otage par les Versaillais. Entre temps, elle aura aidé ses camarades de la Commune sur tous les fronts : en tant qu’ambulancière, combattante ou oratrice, capable de raviver la passion des fédérés.

L’Arrestation de Louise Michel, Girardet, 1871

Un combat qui se poursuivra jusqu’à sa mort en 1905

Accusée d’être une “pétroleuse” (autrement dit d’avoir allumé des incendies pendant la Commune), passée devant le Conseil de guerre et condamnée au cours d’un procès qu’elle transforme en véritable tribune révolutionnaire, Louise Michel est finalement déportée en Nouvelle-Calédonie. Elle y restera jusqu’au 11 juillet 1880, date à laquelle elle est libérée dans le cadre de l’amnistie générale des communards.

Louise Michel, de retour du bagne, accueillie par ses soutiens

Sortie d’un bagne où elle s’est formée aux idées anarchistes, Louise Michel n’en a pas fini avec son action militante. Devenue l’une des figures révolutionnaires les plus populaires de son temps, vénérée par Victor Hugo et Georges Clemenceau, elle reprend son activité militante en donnant des conférences et en intervenant dans des réunions politiques. Le 9 mars 1883, elle participe à une manifestation des sans-travail aux Invalides : elle y improvise alors un drapeau à partir d’un vieux jupon noir fixé sur un manche à balai. Le drapeau noir, encore aujourd’hui symbole des anarchistes, est né, et Louise Michel le défendra jusqu’à sa mort en janvier 1905.

Louise Michel à la fin de sa vie

Les prochaines visites guidées



Voir toutes nos activités