Église Saint-Merri

Dans le 4e arrondissement, les amoureux de Paris savent que le coin ne manque pas de monuments et d’endroits historiques. Pour la plupart, ces lieux abritent des histoires ou des croyances vieilles de plusieurs siècles.

Parmi ses richesses, l’église Saint-Merri n’est pas en reste. Il faut dire que celle-ci est située à l’intersection de l’ancienne voie romaine Nord-Sud et de l’axe Est-Ouest. Un lieu d’autant plus précieux que la rive droite avait un caractère sacré et abritait notamment 3 mégalithes adorés par les Gaulois.

La véritable histoire du monument commence en réalité au 7e siècle lorsque l’abbé Médéricus de Saint-Martin d’Autun, devenu Merri par contraction, séjourne et meurt dans cet endroit le 29 août 700. En 884, lors du dernier siège de Paris par les normands, l’évêque de Paris fait exhumer les restes de Saint-Merri, désormais considérés comme des reliques. C’est à cette époque que le saint est choisi pour devenir le saint patron de la rive droite.

Église Saint-Merri

Sous François Ier, l’accroissement de la population du quartier pousse à une reconstruction de l’église. Alors que le chantier débute en 1521, il n’est terminé qu’en 1612. Une crypte est même aménagée à la place du caveau où se trouvait le tombeau du saint. Fermée en 1793, l’église devient une fabrique de salpêtre mais elle finit par être rendue au culte catholique en 1803. Surnommée “Notre-Dame la Petite”, elle est ainsi l’une des quatre “filles de Notre-Dame” et la dernière subsistante aujourd’hui.

De curieuses décorations pour une église

L’église telle que nous la connaissons aujourd’hui date donc de la Renaissance mais son architecture renvoie clairement au Moyen Âge avec son style flamboyant. C’est surtout le portail et ses détails qui attirent l’attention, des détails que l’on peut même considérer comme symboliques.

Le baphomet de l'église Saint--Merri

La décoration qui attire logiquement tous les regards est cette petite statue d’un Baphomet. Comment un objet renvoyant à l’image de Satan, de Lucifer, peut-il se retrouver sur la devanture d’une église ? Tout simplement parce que celui de Saint-Merri n’est pas vraiment un Baphomet. D’habitude, on représente cette créature en buste, avec les mains supportant la tête, avec des cornes, des ailes et en train de tirer la langue. Ici, la créature est représentée dans son entièreté comme une mi-homme mi-femme, avec un sexe en érection et une poitrine de femme. En plus du diable, cette créature est aussi associée aux Templiers. On dit d’ailleurs que c’est cette supposée croyance envers Baphomet qui aurait été à l’origine de la chute du fameux ordre, accusé de s’adonner à des pratiques et des croyances interdites. Pourtant, la décoration que l’on peut admirer ne date pas des Templiers mais plutôt de la restauration de l’église, au 19e siècle.

Sans que l’on sache vraiment la raison de sa présence, il est en tout cas difficile de comprendre comment cette figure hermaphrodite a pu se retrouver sur une église du culte catholique. Il suffit peut-être de se tourner vers l’étymologie arabe du mot “baphomet”, qui signifie “baptême de sagesse”. Malgré cette figure inattendue, l’église n’a rien de diabolique et accueille toujours des événements religieux mais aussi des concerts, des représentations théâtrales ou des expositions d’art contemporain. La paroisse est aussi engagée pour venir en aide aux groupes d’étrangers en situation irrégulière ou aux chrétiens homosexuels.

Église Saint-Merri – 76 Rue de la Verrerie, 75004 Paris
Métro : Hôtel de Ville (ligne 1 / ligne 11)

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