
À l’occasion de la Coupe du monde 2026, nous vous faisons découvrir les villes qui ont vu grandir les joueurs de l’équipe de France. Après Bondy, berceau de Kylian Mbappé et de William Saliba, Vernon, dans l’Eure, où est né Ousmane Dembélé, direction Candé, ville du Maine-et-Loire de moins de 3 000 habitants dans laquelle Désiré Doué a passé ses premières années.
Le premier terrain de jeu de Désiré Doué
Ne confondez pas Candé et Kanté ! Si le second est l’un des cadres de l’équipe de France, le premier est le village où a grandi l’un de ses coéquipiers : Désiré Doué. « Je suis né à Angers, le 3 juin 2005. J’ai grandi dans une petite commune à côté qui s’appelle Candé pendant cinq ans. » C’est avec beaucoup de simplicité que Désiré Doué évoque ses origines. Si le milieu offensif est né à Angers, c’est bien à Candé que commencent ses premiers souvenirs. Une partie de sa famille y vit d’ailleurs toujours. À l’âge de cinq ans, sa vie prend un nouveau tournant. « À mes 5 ans, mon père a trouvé un travail sur Rennes, on a donc déménagé. C’est de là que tout a commencé pour moi au niveau du foot. » Direction la Bretagne, où il intègre rapidement le Stade Rennais. Le reste appartient déjà à l’histoire : des débuts professionnels à seulement 17 ans en 2022, un transfert au Paris Saint-Germain à l’été 2024, puis une première saison conclue par une victoire en Ligue des champions. Aujourd’hui, Désiré Doué s’impose comme l’un des grands espoirs du football français. Mais ses racines, elles, plongent toujours dans cette petite commune de l’Anjou Bleu.

Un village aux portes de la Bretagne
À première vue, rien ne laisse imaginer que Candé fut autrefois une place forte stratégique. Située à la frontière de la Loire-Atlantique, la commune est entourée par plusieurs cours d’eau : l’Erdre, le Moiron, le Grand-Gué et la Mandit dessinent encore les contours de l’ancien bourg médiéval. Apparue autour de l’an mille comme forteresse des Marches de Bretagne, Candé occupait une position essentielle entre l’Anjou et la Bretagne. Son château fort a aujourd’hui disparu, mais son souvenir demeure au sommet du vieux centre, où l’église Saint-Denis a été construite sur ses anciennes fondations. En se promenant dans les ruelles étroites du centre historique, on découvre encore des maisons de caractère, des façades en pierre aux encadrements d’ardoise et de nombreux détails hérités des siècles passés. La rue des Moines, devenue rue Victor-Lassale en hommage à un aviateur natif de la ville, est l’une des plus anciennes artères de Candé.

Quand Candé était le cœur battant de l’Anjou
Difficile de l’imaginer aujourd’hui, mais pendant près de six siècles, Candé fut l’une des places commerciales les plus dynamiques de la région. Sa célèbre foire aux bestiaux attirait des acheteurs venus de tout le nord et de l’est de la France. Créée par les moines de Saint-Nicolas, elle faisait battre le cœur économique de la ville. L’arrivée du chemin de fer en 1884 propulse encore davantage Candé dans la modernité. À la fin du XIXème siècle, la commune compte pas moins de 72 cafés et près de quarante auberges. Tanneries, briqueteries, abattoirs… les entreprises s’y multiplient. Candé fait même figure de pionnière en étant électrifiée dès 1903, pratiquement au même moment qu’Angers et Nantes. La fermeture définitive de la foire en 1990 marque cependant la fin de cette période prospère. Peu à peu, les commerces disparaissent et la ville retrouve un rythme plus paisible.

Les étonnants souterrains de Candé
Parmi les curiosités les plus insolites du village figurent des passages souterrains quasiment inconnus. Au XIXème siècle, lorsque la rue de Beaulieu est aménagée en surplomb de la rue du Cantillier afin de désenclaver la ville, un problème se pose : les habitants doivent continuer à accéder à leurs jardins et à leurs lavoirs. La solution est étonnante : plusieurs tunnels sont creusés sous la nouvelle rue. Aujourd’hui, seuls trois de ces passages existent toujours. L’un est communal, tandis que deux autres appartiennent à des particuliers. Un patrimoine qui raconte à sa manière l’ingéniosité des habitants de Candé. Pour découvrir tous les secrets de la commune, rien de tel qu’une promenade dans ses ruelles. Les passionnés d’histoire locale font revivre le passé de Candé à travers les anciens commerces, les maisons bourgeoises, le grenier à sel ou encore les vestiges médiévaux disséminés dans le village. Loin des grands circuits touristiques, Candé dévoile un patrimoine inattendu, entre histoire des Marches de Bretagne, architecture angevine et mémoire d’une ville qui fut longtemps l’un des grands centres commerciaux de la région.

En regardant aujourd’hui Désiré Doué briller sous le maillot bleu de l’équipe de France, difficile de ne pas sourire à cette drôle de coïncidence. À Candé, le dessert emblématique s’appelle justement… l’Anjou Bleu. Avec son étonnant glaçage bleu, cette gourmandise née ici semble être un clin d’œil du destin pour celui qui a grandi dans la commune avant de devenir l’un des nouveaux visages emblématiques des Bleus du Mondial 2026.
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