Le Versailles sulfureux : la chanson libertine

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Si Louis XIV a décidé de faire construire son immense château à Versailles, ce n’est pas uniquement pour avoir un lieu suffisamment grand pour accueillir tous ses désirs architecturaux. Il s’agissait également d’être en recul de la vie parisienne, afin que les rumeurs liées aux activités sulfureuses de la cour s’ébruitent moins facilement. Un bon nombre d’histoires coquines emplissent les couloirs du château, et parmi elles celle d’une chanson que tous les enfants ont un jour repris en cœur.

Il s’agit de la chanson « Nous n’irons plus aux bois, les lauriers sont coupés ». Un refrain qui n’est pas aussi mignon que ce que l’on pourrait croire. Pour en comprendre le sens, nous devons remonter au moment du grand chantier de construction du château de Versailles. 60 000 hommes (dont les ouvriers et les soldats) s’installent dans les environs, ce qui conduit à une grande vague de prostitution.

jardins versailles

Face au développement grandissant de la vérole, Louis XIV décide d’établir le délit de prostitution pour faire cesser les passes dans les buissons du parc. Les courtisanes s’installent alors dans des maisons de plaisir, dotées de lauriers sur les façades. On comprend alors bien mieux les lauriers coupés…

D’autres suppositions ont été faites quant aux origines de cette chanson : elle pourrait également avoir été écrite par Madame de Pompadour, favorite du roi Louis XV, pour s’offusquer contre la fermeture de ces mêmes maisons closes. Louis XIV avait également dû prendre cette mesure puisque l’épidémie des maladies vénériennes ne cessait pas. Quoi qu’il en soit, cette chanson reste tout de même en lien avec les histoires sulfureuses de celles et ceux qui ont peuplé Versailles.

Crédits image à la Une : Kimberly Vardeman