La petite histoire de la fontaine Saint-Michel

Qui n’a jamais été attiré, au détour d’une promenade dans le Quartier Latin, par l’imposante fontaine Saint-Michel ? Grouillante de monde, sonore et colorée, sa place est un lieu de rendez-vous et de spectacle. On vous raconte son histoire.

Une construction sous Haussmann

Nous sommes au milieu du XIXème  siècle : l’Empereur Napoléon III souhaite transformer et moderniser la ville de Paris. Pour cela, il charge le baron Haussmann, alors préfet de la Seine, de grands travaux d’aération à Paris. Peu à peu, la ville change : les petites ruelles médiévales se creusent en vastes boulevards, de nouveaux immeubles sont construits, les réseaux d’égouts et d’eaux se développent et la ville devient plus verte.

Boulevard Haussmann 1925

Parmi ces modifications, le percement du boulevard Saint-Michel dans l’axe de la Sainte-Chapelle, dans le VIème arrondissement. Avec lui, une grande place est créée face à un angle de rue qui sépare le boulevard Saint-Michel et la place Saint-André-des-Arts. Haussmann ordonne alors la construction d’une fontaine, afin de combler cet angle et d’orner la place.

Plusieurs idées sont alors avancées dont une gigantesque statue de Napoléon Ier. Finalement, c’est le thème de la Lutte du Bien contre le Mal qui est retenu et le projet est confié à l’architecte Gabriel Davioud. Entre 1858 et 1860, il fera ériger cette fontaine qui a la particularité d’occuper un pan entier de façade.

La composition de la fontaine

La fontaine Saint-Michel raconte donc un passage de la Bible : celui où l’Archange Saint-Michel terrasse Satan, représenté par un dragon. C’est sur 26 mètres de haut et 15 mètres de large que Davioud, aidé par Flament, Simonet et Halo, illustre cette histoire. On y voit donc un Saint Michel triomphant, main levée vers le ciel et foulant à ses pieds un horrible dragon. En contrebas de la fontaine, deux chimères crachent de l’eau.

Pour réaliser ce monument, Gabriel Davioud fait appel à neuf sculpteurs. Chacun sculpte un élément de la fontaine, de Saint Michel aux chimères, en passant par le rocher, les bas-reliefs et les vertus cardinales.

Pour contrebalancer le mauvais éclairage de la zone, Davioud opte pour une polychromie : colonnes en marbre rouge, statue en bronze et pierres claires.

Les détracteurs

Comme toujours lorsqu’une nouveauté est proposée, elle trouve des détracteurs. La fontaine Saint-Michel n’échappe pas à la règle : les critiques sont même globalement négatives lors de son inauguration le 15 août 1860. De style éclectique, la fontaine se voit reprocher son incohérence. Chaque statue ayant été réalisée par un sculpteur différent, les critiques trouvent que cette profusion annule le talent individuel de chaque artiste.

Un quatrain satyrique circule même pendant un temps sur la fontaine :

« Dans ce monument exécrable,
 On ne voit ni talent ni goût,
Le Diable ne vaut rien du tout ;
Saint Michel ne vaut pas le Diable. »

Quoi qu’en dise les critiques de l’époque, la fontaine est aujourd’hui grandement appréciée des Parisiens et touristes. Depuis 1926, elle est même inscrite au titre des monuments historiques.

Virginie Paillard 

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