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Cette basilique historique et "cimetière aux Rois" est la plus grande nécropole royale de France

© Khun Ta / Adobe Stock
Par Julien Mazzerbo

Aux portes de Paris, une somptueuse basilique fait office de nécropole royale et abrite les tombeaux des principaux rois et reines de France : la cathédrale de Saint-Denis est une merveille de l’art gothique aux fonctions majoritairement funéraires, qui regroupe plus de 70 membres venus des diverses dynasties françaises.

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Le mythe de saint Denis

Qui est Denis de Paris ? Communément appelé saint Denis, ce missionnaire chrétien est le premier évêque de Paris, martyr et auteur malgré lui d’une légende tenace qui a inspiré toute la monarchie française : l’évêque, qui cherche à évangéliser la Gaule, est arrêté par les Romains à Montmartre vers 250 après J.-C., qui l’exposent à un supplice terrible jusqu’à sa décapitation. L’histoire veut que saint Denis ramassa sa tête et continua son chemin avant de s’écrouler à Catulliacus (nom romain de la ville de Saint-Denis), où sa dépouille gît.

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Basilique cathédrale de Saint-Denis © 977_rex_977 / Adobe Stock

Cette céphalophorie (récit de la légende d’un saint qui reprend le cours de sa vie après sa décapitation) inspire de nombreux monarques français et une première église est construite vers le Ve siècle après J.-C. à l’emplacement même de sa sépulture. L’abbatiale devient rapidement un lieu de culte et les rois et reines se placent sous la protection de saint Denis pour obtenir le salut divin.

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Basilique cathédrale de Saint-Denis © kovalenkovpetr / Adobe Stock

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Apogée, chute et renaissance de la cathédrale

Entre le XIIe et le XIIIe siècles, la construction de la basilique est lancée, fortement inspirée par la tendance gothique. Longue de 108 mètres, affublée de voûtes de 29 mètres et de deux roses de 12 mètres de diamètre, un chantier monumental s’érige pour bâtir la cathédrale de Saint-Denis. Depuis l’inhumation du roi Dagobert en 639 (à l’époque dans l’église) jusqu’à Louis XVIII en 1824, la basilique se métamorphose en nécropole royale : au total, 43 rois et 32 reines sont inhumés ainsi qu’une dizaine de serviteurs du royaume de France ; un chroniqueur baptisera d’ailleurs la cathédrale de “cimetières aux Rois” au XIIIe siècle.

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Basilique cathédrale de Saint-Denis © Yann Vernerie / Adobe Stock

En 1793, lors de la Révolution française et alors que la France est en guerre contre d’autres pays européens, des révolutionnaires exhument certains tombeaux royaux (Bourbons, notamment) dans le but d’extraire l’armature en plomb des sépultures et fabriquer des munitions en métal. De nombreuses dépouilles royales sont déplacées dans des fosses communes situées dans le cimetière de la cathédrale. Quelques années après, tandis que la basilique est en grande partie détruite, Napoléon Ier lance une campagne de restauration dédiée à la consécration des monarques français. En 1817, Louis XVIII entreprend de rassembler les restes de ses ancêtres et les placent dans la crypte de la cathédrale.

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Basilique cathédrale de Saint-Denis © Collpicto / Adobe Stock

L’art des gisants

Si la cathédrale Saint-Denis est un haut lieu funéraire, c’est grâce à ses tombeaux aux sculptures soignées et artistiques réalisées par des maîtres de renom : plus que des sépultures, on parle de gisants soit des œuvres qui représentent un roi ou une reine allongée, les yeux ouverts (symbole de résurrection et de foi en Dieu). Les premières sculptures qui s’apparentent à un gisant remontent au XIIIe siècle sous le règne de Louis IX ou Saint Louis, qui fait réaliser 16 sépultures à la gloire de ses prédécesseurs (ces premiers gisants étaient vraisemblablement peints) : elles sont placées de sorte à établir une continuité dynastique, avec au sud les Carolingiens et au nord les Capétiens.

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Basilique cathédrale de Saint-Denis © Walter D / Adobe Stock

Au XIVe et XVe siècles, les gisants des souverains Capétiens et Valois sont sculptés dans le marbre accompagnés de leurs regalia (ensemble d’objets symboliques de la royauté) : costume de sacre, couronne, sceptre, main de justice, etc., sans compter la représentation d’animaux royaux qui apparaissent au pied des gisants. Bien que les sépultures soient un héritage important de la monarchie française, elles ne contiennent pas l’intégralité des dépouilles royales : à l’époque, il était courant de procéder à une inhumation tripartite des rois et des reines, soit la séparation du corps et de son squelette (considérées comme des parties plus nobles, inhumées au sein de la cathédrale) du cœur et des entrailles (inhumés dans d’autres églises parisiennes). A noter que les sépultures de certains souverains n’ont jamais été réalisées ou ont été détruites : c’est le cas de Louis XIV, entre autres.

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Basilique cathédrale de Saint-Denis © daboost / Adobe Stock

Les tombeaux de Henri II et de Catherine de Médicis : un travail d’orfèvre

Deux sépultures se démarquent néanmoins du reste des tombeaux : celles du roi Henri II et de la reine mère Catherine de Médicis. Ces gisants ont été imaginés par nul autre que Francesco Primaticcio, dit le Primatice, sculpteur nommé surintendant des bâtisses royales. Ces tombeaux, sculptés par Germain Pilon et Ponce Jacquiot, sont des réalisations inspirées du mouvement artistique du maniérisme (Renaissance tardive) et de l’Antiquité. Chaque souverain est dédoublé et les priants représentent le roi et la reine couronnés, affublés de manteaux royaux et les mains jointes en signe de prière. De l’autre côté, Henri II et Catherine de Médicis apparaissent nus et dépouillés de leurs apparats, symboles de l’appétence des artistes pour l’anatomie et de la déférence des monarques face au trépas.

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Basilique cathédrale de Saint-Denis © Walter D / Adobe Stock
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Basilique cathédrale de Saint-Denis © daboost / Adobe Stock
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Basilique cathédrale de Saint-Denis © Walter D / Adobe Stock

Accessibilité : 1 rue de la Légion d’Honneur 93200 Saint-Denis

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Image à la une : Basilique cathédrale de Saint-Denis © Khun Ta / Adobe Stock

Sources : basilique cathédrale Saint-Denis, FranceArchives, Geo, ministère de la Culture, Passerelles BnF, Seine-Saint-Denis tourisme

Julien Mazzerbo

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