Qui est Gabriel Davioud, l’architecte oublié de Paris ?

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Son nom est peut-être méconnu des Parisiens, et pourtant, ce personnage est à l’origine de nombreuses transformations au sein de la capitale. A l’heure du hashtag #SaccageParis, on a par exemple remis sur le devant de la scène le fameux “banc Davioud”. Né en 1824 et mort en 1881, ce grand architecte fut l’un des collaborateurs d’Haussmann. Ses réalisations ont marqué le Paris de la fin du XIXe siècle à aujourd’hui.

Gabriel Davioud, l’homme qui a contribué à moderniser Paris 

Durant sa jeunesse, Gabriel Davioud étudie à l’École des Beaux-Arts de Paris. Après ses études, il entre en 1833 au service des Plan de la Ville de Paris. C’est là qu’il fera toute sa carrière. Mais sa carrière prend véritablement son envol en 1855 lorsqu’il intègre le service des Promenades et des Plantations. Il devient alors l’un des piliers des plus grands travaux haussmanniens. Entre temps, en 1849, il finit deuxième au grand prix de Rome. Aux côtés du Baron Haussmann et de l’ingénieur Alphonse Alphand (1817-1891), Gabriel Davioud contribue à redessiner le paysage des espaces verts parisiens comme le bois de Boulogne, les Buttes-Chaumont et le parc Montsouris. “En travaillant notamment aux côtés d’Adolphe Alphand, Davioud va avoir cette chance de travailler à toutes les échelles. Il construit la mairie du 19e, aménage la place du Châtelet et aussi la fontaine Saint-Michel”, souligne Simon Texier, historien de l’art, spécialiste de l’architecture et de l’urbanisme et secrétaire général de la Commission du Vieux Paris dans les colonnes du Parisien.

La fontaine Saint-Michel en 1860.

Avec son talent et sa vivacité, Gabriel Davioud contribue à moderniser l’architecture de Paris qualifiée de très homogène et monotone. “Davioud a accompagné la modernisation de la ville en lui redonnant son aspect architectural, insiste Simon Texier. Il aime beaucoup l’architecture de la Renaissance. Il apporte à la fois, cette notion d’historicisme avec beaucoup de références dans le passé mais basée sur une architecture moderne avec des théâtres, des nouveaux jardins et du mobilier urbain déployé dans toute la ville.” Gabriel Davioud est aussi l’un des acteurs de ce que devient Paris après l’annexion de 1860. C’est à cette période qu’il fait ériger le théâtre Impérial du Châtelet (actuel théâtre du Châtelet). Quelques années avant sa mort en 1881, Gabriel Davioud construit entre 1876 et 1878, le palais du Trocadéro en collaboration avec Jules Bourdais.

Le parc Montsouris au XIXe siècle.

Un architecte non reconnu à sa juste valeur 

Malgré tout ce qu’il a entrepris dans la capitale, Gabriel Davioud n’était cependant pas reconnu à sa juste valeur. Mais alors pourquoi ? “Davioud a souffert de la façon dont on jugeait le XIXe siècle à l’époque, regrette Simon Texier. Davioud était un peu moins théoricien. Il avait sûrement moins de talent que Garnier ou Viollet-le-Duc. Mais si on regarde bien, à l’échelle de la capitale, c’est celui qui a le plus marqué Paris. Il l’a fait de façon discrète et plus comme un serviteur municipal.” 

Deux siècles après sa mort, l’œuvre de Gabriel Davioud apparaît dans beaucoup de sites de la capitale. Mais, selon Simon Texier, l’architecte vaut beaucoup plus. “Davioud est quelqu’un qui mériterait qu’on le redécouvre un peu mieux et qu’on mène des recherches plus poussées de sorte qu’on connaisse un peu mieux le personnage à travers ses goûts, ses relations avec ses collègues et son attachement à Paris à qui il a tout donné”. 

Photos : Paris Musées

Kevin Sonsa-Kini

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