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Connaissez-vous l’histoire de ce lycéen parisien à qui l’on a donné le nom d’une station de métro très empruntée encore aujourd’hui ?

Métro parisien © Adobe Stock
Par Alexandre M

C’est un indissociable de la ville de Paris, tout comme la Seine ou la tour Eiffel : le métro. Lancé en 1900 à l’occasion de l’Exposition Universelle, ce réseau souterrain long de 226 kilomètres totalise aujourd’hui 308 stations. Un moyen de transport en perpétuel développement qui permet à chacun de pouvoir se rendre au travail, à l’école ou autres rendez-vous. Souvent plus empruntées que d’autres, il arrive que certaines stations de Paris soient également plus populaires de par leur décoration. Si l’arrêt Concorde est reconnaissable par ses milliers de carreaux blancs, où l’on peut s’amuser à lire la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, on peut également apprécier l’aventure façon Jules Verne à la station Arts et Métiers. Mais d’autres stations interpellent aussi par le nom qui leur a été donné… 

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Un jeune militant issu d’une famille très engagée

Mise en service en 1911, la ligne 13 est aujourd’hui l’une des plus occupées du réseau parisien, avec une fréquentation de 104 millions de passagers sur l’année 2022. Souvent décriée pour son manque de ponctualité et ses rames vite pleines à certaines heures, la ligne 13 traverse quelques stations emblématiques de Paris. Mais connaissez-vous l’histoire de celle située entre Porte de Saint-Ouen et La Fourche ? On parle bien entendu de Guy Moquêt, dans le 17ème arrondissement. Derrière l’appellation de cette station, il n’y a pas un hommage à un écrivain ou un scientifique, mais avant tout le nom à un lycéen Parisien. Né le 26 avril 1924 à Paris, Guy Môquet est un militant communiste et résistant qui grandit dans une famille très engagée sur le plan politique. Son père, Prosper Môquet est le député communiste du 17e arrondissement de Paris, sa tante, Rosalie Môquet est connue pour son engagement auprès du Parti Communiste Français (PCF). Durant son adolescence, Guy Môquet étudie au lycée Carnot, où il brille par ses résultats, et est un fervent militant des Jeunesses Communistes.

Reproduction d`une photo du jeune résistant communiste Guy Môquet © AFP / Mychele Daniau 
Reproduction d`une photo du jeune résistant communiste Guy Môquet © AFP / Mychele Daniau

Une victime collatérale qui va choquer la France et le monde

C’est avec la Seconde Guerre mondiale, et notamment la défaite de la France en juin 1940, que la vie de l’étudiant va basculer. Le Parti Communiste Français subit en cette période une forte répression : le père de Guy Môquet a été arrêté en octobre 1939, tandis que Guy, son frère et sa mère sont partis dans la Manche se réfugier. Quelques mois plus tard, le lycéen revient seul à Paris et milite clandestinement au sein des Jeunesses Communistes : il distribue des tracts et colle des “papillons” sur les réverbères… Mais en 1940, Guy Môquet est arrêté sur dénonciation par des inspecteurs de la Brigade spéciale de répression anticommuniste. À seulement 16 ans, il est incarcéré à la prison de Fresnes avant d’être transféré en mai 1941 au camp de Choisel, à Châteaubriant. Là, il se lie notamment d’amitié avec d’autres jeunes engagés. En octobre 1941, l’ingénieur et militaire allemand Karl Hotz est tué par un commando de trois résistants communistes. Suite à cet acte, les troupes allemandes décident d’exécuter cinquante otages détenus dans les camps et Guy Môquet, le plus jeune des otages à périr ce jour-là, est l’un d’entre eux. Très vite, le meurtre de ce jeune militant, pas encore majeur, choque la population françaisede grands chefs d’Etat, tels que Winston Churchill ou Franklin Roosevelt réagissent, donnant à cet événement une portée internationale.

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Une station pour (re)découvrir son histoire entre deux métros

D’abord enterré dans la commune environnante du Petit-Auverné, le corps de Guy Môquet sera transféré plus tard au cimetière du Père-Lachaise, où il repose dans la division 97. Le jeune militant est enterré avec son frère Serge, décédé en 1944 à l’âge de 12 ans. Selon un membre de la famille, le jeune frère aurait été traumatisé par l’emprisonnement de son père et par l’exécution de son frère, fragilisé par la disette et les rigueurs de la vie clandestine, ce qui lui provoqua une méningite. Quant à Guy Môquet, il sera décoré par le Général de Gaulle de la croix de guerre et de la médaille de la Résistance le 28 décembre 1944, avant d’être nommé chevalier de la Légion d’Honneur en 1946, le hissant au rang de héros national. En plus d’une rue à son nom dans le 17e arrondissement, de plusieurs monuments commémoratifs ou d’établissements scolaires à travers la France il est donc décidé de nommer une station de la ligne 13 “Guy Môquet”. Une station où plus de 6000 titres de transport sont validés chaque jour, et où l’on peut justement (re)lire la biographie de ce jeune lycéen parisien, symbole des martyrs français pendant l’Occupation allemande.

Quai de la station Guy Moquêt © Pinterest
Quai de la station Guy Moquêt © Pinterest

 

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Image à la une : Métro parisien © Adobe Stock

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