Classée monument historique et inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, la Cathédrale Notre-Dame de Paris fait partie de ces édifices emblématiques qui font de Paris ce qu’elle est : une capitale de premier rang, connue à travers le monde pour son architecture et son histoire séculaire. Et pourtant, ce lieu de culte gothique construit sur l’Île de la Cité entre 1163 et 1345 n’a pas toujours disposé de la renommée et du prestige que nous lui connaissons aujourd’hui.

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Notre-Dame de Paris en 1699

En effet, sous l’Ancien Régime, la cathédrale Notre-Dame de Paris a beau être l’une des plus grandes cathédrales d’Occident, elle n’est encore qu’un lieu de culte parmi d’autres. Si quelques mariages royaux ont eu lieu dans son enceinte, elle n’a connu que peu de grands événements. Pendant des siècles, on lui préfère la basilique Saint-Denis pour accueillir les dépouilles des rois de France, la cathédrale de Reims pour procéder aux couronnements, la Sainte-Chapelle voisine pour abriter les plus précieuses reliques de la chrétienté.

Peu considérée par la population, la cathédrale fait partie des premiers édifices religieux parisiens à être pillés à l’aube de la Révolution Française. Les verrières et vitraux sont brisés, la statuaire vandalisée, les pavements défoncés. C’est un édifice déjà mal en point qui devient bien national lorsque débute le processus de déchristianisation mené par le gouvernement révolutionnaire de Paris à partir de 1792. Le 10 novembre 1793, la cathédrale désaffectée devient un Temple de la Raison, reconverti pour y organiser le culte de la Raison et de l’Être suprême. Elle devient, dans le même temps, un entrepôt pour des milliers de tonneaux de vins de l’armée révolutionnaire du Nord. Son sort est scellé pour les neuf prochaines années.

Notre-Dame de Paris
Notre-Dame de Paris à la fin du XIXe siècle, après les rénovations entreprises par l’architecture Eugène Viollet-le-Duc.

Il faut attendre 1801 et l’arrivée de Napoléon pour que la cathédrale soit rendue au culte catholique. Quelques mois plus tard, le 18 avril 1802, la première grande cérémonie de l’ère post-révolutionnaire aura lieu : Bonaparte et les officiels du Consulat assistent à la messe de Pâques consacrant solennellement la promulgation du Concordat. Si Napoléon choisira d’y être sacré empereur en décembre 1804, ce n’est qu’en 1831 que l’édifice connaîtra enfin l’engouement populaire et la notoriété que nous lui connaissons. Cette année-là, un certain Victor Hugo publie son quatrième roman, Notre-Dame de Paris. Si Quasimodo, Esmeralda, Phoebus et Frollo en sont les personnages principaux, l’action gravite évidemment autour de l’immense édifice religieux qui, après les rénovations entreprises par Viollet-le-Duc, deviendra la plus célèbre cathédrale de la capitale.

Cyrielle Didier

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