Palais du Trocadéro : le plus bel édifice disparu de Paris !

Palais du Trocadéro

Érigé pour l’Exposition universelle de 1878 et détruit près de 60 ans plus tard, l’ancien Palais du Trocadéro n’a pas vécu longtemps, mais reste l’un des monuments les plus emblématiques de la fin du XIXe siècle et l’un des plus beaux de la capitale. On remonte le temps pour découvrir ce sublime ouvrage.

L’édifice le plus original de l’histoire de Paris ?

Installé sur la colline de Chaillot, face au Champ-de-Mars, le palais du Trocadéro était sans conteste l’un des plus majestueux de l’Exposition universelle de 1878 : deux grandes ailes entourant un édifice central circulaire, des tours surmontées d’un belvédère et d’un dôme doré, des colonnades à n’en plus finir, des sculptures un peu partout, un immense bassin en cascade…

Palais du Trocadéro

Oscillant entre le mauresque et le bizantin, le style choisi par les architectes Jules Bourdais et Gabriel Davioud donnait un cachet des plus inhabituels à ce monument considéré comme fantaisiste par ses contemporains. En redécouvrant cet édifice disparu, on ne s’étonnera pas d’apprendre que ses architectes se sont inspirés de deux monuments très éloignés du style haussmannien si prisé à l’époque, la Giralda de Séville et le Palazzo Vecchio de Florence.

Palais du Trocadéro

Mais contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce « palais » n’était pas un vaste édifice construit pour satisfaire le train de vie fastueux d’un riche héritier ou accueillir une quelconque institution ; il ne s’agissait que d’une immense salle de spectacle accompagnée de plusieurs salles de conférence et de deux musées, le musée des Monuments français et le musée de l’ethnographie.

Palais du Trocadéro

La salle de spectacle du Trocadéro en 1878

Malheureusement, le palais du Trocadéro n’était pas destiné à durer et s’est, par conséquent, très vite délabré. Détruit à partir de 1935 et remplacé par le palais de Chaillot, il n’en reste aujourd’hui que le nom – donné en souvenir de la bataille de 1823 dite « du Trocadéro » à Cadix, en Espagne – et quelques statues : six sculptures représentant les six continents installées devant le Musée d’Orsay et une sculpture de taureau dans le parc Georges Brassens. Une bien maigre survivance pour ce monument qui reste, presque 90 ans après sa destruction, l’un des plus impressionnants de la capitale.

 

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