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Pourquoi certaines façades parisiennes ont des fausses fenêtres ? L'explication va vous surprendre !

Façades parisiennes © Alamy
Par AxelleC

En vous baladant dans la capitale, avez-vous déjà aperçu de fausses fenêtres sur certaines façades parisiennes ? Et bien, contrairement à ce que l’on pourrait croire, elles ne sont pas seulement là pour faire joli ! Leur histoire, et l’explication que nous allons vous révéler, sont bien plus surprenantes

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Une histoire révolutionnaire

Pour comprendre l’origine des fausses fenêtres, il faut remonter le temps, jusque dans les années 1790. Nous sommes en pleine Révolution, et le quotidien des français est bouleversé par une multitude de changements, notamment une refonte fiscale qui se met en place entre 1791 et 1798. On supprime alors toutes les taxes indirectes de l’Ancien Régime pour les remplacer par de nouveaux impôts directs ! Ceux-ci se voulant être plus justes et transparents. Et c’est précisément l’un d’entre eux qui va profondément modifier l’apparence de la capitale…

Fausses fenêtres 53 rue Bénard, Paris 14e © util_is_a_teur
Fausses fenêtres 53 rue Bénard, Paris 14e © util_is_a_teur

Un impôt sur les signes extérieurs de richesse

En effet, cet impôt mis en place par le Directoire concerne les portes et fenêtres des maisons. Selon l’article 2 de la loi de 1798, il est établi sur celles “donnant sur les rues, cours ou jardins des bâtiments et usines, sur tout le territoire de la République”. Les Français seront donc taxés sur le nombre de portes et de fenêtres que compte leur bien immobilier et non pas sur sa surface ou sa valeur ! Ce système est inspiré de la Window Tax anglaise et permet aux agents fiscaux d’établir le montant de l’impôt de chaque propriétaire très facilement : ils n’ont plus à rentrer chez les gens, il leur suffit d’arpenter les rues et de compter le nombre d’ouvertures présentes sur les façades…

Angle de la rue Saint-Honoré et de la rue des Prouvaires dans le 1er arrondissement © Tangopaso
Angle de la rue Saint-Honoré et de la rue des Prouvaires dans le 1er arrondissement © Tangopaso

Des souvenirs encore visibles 

Cet impôt insolite est resté en vigueur jusqu’en 1926 et a donc laissé quelques souvenirs dans les rues de Paris. Afin de payer moins, des parisiens ont carrément fait condamner certaines de leurs fenêtres… Et les ont remplacées par des fausses ! C’est ainsi que sont nés les premiers trompe-l’œil de la capitale. Par la suite, cette astuce sera réutilisée pour d’autres raisons, comme habiller un mur aveugle par exemple. En flânant, vous pourrez donc encore voir des fausses fenêtres comme à l’angle de la rue Saint-Honoré et de la rue des Prouvaires dans le 1er arrondissement, ou encore au 53 rue Bénard dans le 14e.

Trompe l'oeil rue Quincampoix © Fabio Rieti
Trompe l’oeil rue Quincampoix © Fabio Rieti

La disparition des fenêtres à meneaux

Si cet impôt nous permet de découvrir de jolis trompe-l’oeil, il a quand même été dommageable pour certains types de fenêtres. En effet, les fenêtres à meneaux, très en vogue à Paris au XVe siècle (comme on peut le voir sur l’Hôtel de Cluny dans le Quartier latin) ne comptaient pas pour une, mais pour quatre fenêtres… De nombreux propriétaires les ont ainsi fait remplacer par des ouvertures plus petites, moins chères, et elles ont donc fini par disparaître de Paris !

Fenêtres à meneaux © Musée de Cluny
Fenêtres à meneaux © Musée de Cluny

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Crédit photo de une : Façades parisiennes © Alamy

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A. C.



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