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Le Paris de Jules et Jim, d’un pont à l’autre dans les quartiers populaires

Par Cyrielle

1962 : La nouvelle vague déferle depuis déjà cinq ans sur le cinéma français entraînant la capitale dans son vertige par le biais de scènes parisiennes devenues cultes : Notre-Dame filmée par Godard dans À bout de souffle, les Buttes-Chaumont capturées par Rohmer dans La Femme de l’aviateur, et tant d’autres… Mais cette année là, la France découvre en salle Jules et Jim, le long-métrage de François Truffaut qui deviendra le canon du triangle amoureux.

Tiré d’un roman de Henri-Pierre Roché publié dix ans plutôt, le film décante l’histoire d’un duo d’amis inséparables, Jules l’autrichien (Oskar Werner), et Jim le français (Henri Serre), épris d’une même femme, Catherine (Jeanne Moreau). Les 102 minutes couvrent les hésitations amoureuses de la jeune femme suspendues par la Première guerre mondiale. Si une large partie du tournage se déroule dans le Haut-Rhin, l’histoire commence et s’achève en région parisienne. Arrêtons nous un instant sur les lieux franciliens qui ont marqué cette aventure du cinéma ! 

Passerelle Valmy : la course amoureuse la plus célèbre du cinéma

Au début du film, les deux amis rencontrent Catherine qui commence à fréquenter Jules. Un mois passe et l’autrichien organise un nouveau rendez-vous entre la jeune femme qu’il aime et son camarade. Dans une chambrette de l’Est parisien, ils s’amusent à la grimer en garçonne à coup de moustache gribouillée et de casquette d’ouvrier. Elle entreprend de les entraîner à la passerelle Valmy, un pont industriel de Charenton-le-Pont qui surplombe les lignes ferroviaires du Paris-Marseille. « Le terrain me parait excellent, je lance une course de vitesse, le premier qui arrive au bout de la passerelle », s’écrie-t-elle, partant en avant. Elle devancera les deux hommes laissant entrevoir le signe d’une rivalité amoureuse à venir et du pouvoir qu’elle exercera sur les deux amis. Le lendemain, le trio part en vacances à la mer et le couple incarné jusqu’alors par Jules et Catherine laisse place à une fascination des deux hommes pour la jeune femme. 

 

La passerelle Valmy, Jules et Jim, François Truffaut, société des Films du Carrosse, 1962 (capture d’écran)

 

Bientôt c’est la guerre et les amitiés se défont dans la violence de cette période troublée, chacun des deux hommes se battant pour une nation ennemie de l’autre. À l’Armistice, Catherine et Jules, qui se sont mariés et ont eu une petite-fille, habitent un chalet au bord du Rhin et invite Jim à les y retrouver. Catherine et l’ancien combattant français vont alors se laisser aller à une passion mouvementée sous les yeux de l’époux et ami des deux personnages. La relation devient vite un tourment et la jeune mère en arrive à menacer son nouvel amant de le tuer.

Le pont de Limay : des amours en fin de course 

Quelques mois plus tard, après une séance de cinéma, le trio qui semble avoir retrouvé un semblant d’apaisement entreprend une promenade en voiture, Catherine au volant. Ils font halte dans une guinguette en bord de Seine, c’est presqu’à nouveau l’insouciance. Jim remonte alors dans le véhicule avec son ancienne maîtresse, Jules restant, encore une fois, spectateur. La caméra fige un dernier instant le regard de l’actrice puis, un plan plus large nous présente le passage de la voiture sur vieux un pont sans rambarde. Ce pont, c’est le pont de Limay dans les Yvelines. Ces belles arches du XIe siècle, détruites en partie, s’arrêtent au milieu du cours d’eau qui sépare Limay de l’Île aux Dames. Le pont coupé en deux met rapidement un terme au tour des amants qui sombrent à pic.  « On retrouva les corps accrochés dans les roseaux ». 

Le pont de Limay, Jules et Jim, François Truffaut, société des Films du Carrosse, 1962 (capture d’écran)

Ainsi se dénoue la tragédie amoureuse, laissant Jules indemne. Dans ce film, Truffaut nous montre un Paris qui se démarque des habituels Saint-Germain des Près, Louvre, ou Opéra… Il nous y dévoile le doux charme bucolique d’une banlieue qui n’est plus si verte et l’amusement que l’on peut trouver en bord de capitale. 

Crédit photo de Une : Jules et Jim, François Truffaut, société des Films du Carrosse, 1962 (capture d’écran)



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