L’hasardeuse découverte des Arènes de Lutèce

Arènes de Lutèce

C’est au Moyen-Âge, à l’époque où les premières universités s’installent aux abords de la montagne Sainte-Geneviève que l’on commence à parler de « Quartier latin », en référence aux cours qui sont dispensés dans cette langue. Pourtant, ce quartier de la rive gauche aurait pu obtenir ce surnom bien plus tôt, puisqu’il est aussi le berceau de l’ancienne Lutèce, dont les Arènes en sont le plus vieux et le plus beau vestige ! On vous raconte leur découverte pour le moins inattendue.

Une découverte fortuite et de multiples rebondissements

Si l’on savait depuis des siècles que Lutèce, la ville gallo-romaine ancêtre de Paris, possédait des Arènes, leur position exacte restait inconnue. Plusieurs écrits attestent de sa présence, mais aucun plan de Paris, pas même le plus ancien, ne montre ce monument.

C’est donc par le plus grand des hasards que ces arènes abandonnées au IVe siècle sont retrouvées quinze siècles plus tard. Nous sommes en 1869 et la Compagnie générale des omnibus décide de construire un dépôt dans le Quartier latin.

Arènes de Lutèce

Les premiers ouvriers prennent place le long de la rue Monge et commencent à creuser le sol où se trouvera prochainement le hangar. Mais très vite, ils butent sur de (très) vieilles pierres : la partie nord des Arènes de Lutèce. Leur époque est facilement établie grâce à la découverte de pièces de monnaie. L’édifice date du premier siècle de notre ère.

Les Arènes de Lutèce sont donc, si l’on ne compte pas l’obélisque de la Concorde importée d’Égypte, le plus vieux monument de la capitale. Sauf que la puissante compagnie n’a que faire de l’archéologie. Pour la forme, elle accepte de laisser quelques archéologues, dont le père de l’archéologie parisienne Théodore Vacquer, déblayer le terrain et étudier les vestiges avant de les recouvrir pour achever la construction de son hangar.

Sitôt découvertes, sitôt oubliées

Le contexte politique de l’époque, la guerre franco-allemande de 1870, le siège puis la Commune de Paris et la difficile reconstruction qui suivront ces événements n’aideront personne à s’intéresser aux vieilles pierres de l’arène. Ainsi, il faudra attendre près de 15 ans pour voir ressurgir un intérêt pour ces vestiges gallo-romains.

Arènes de Lutèce

Cet intérêt renaît au début des années 1880. Sous l’impulsion de l’opinion publique et de Victor Hugo qui adresse une lettre pleine de verve au Conseil municipal, la Ville rachète plusieurs terrains du quartier et entame une seconde campagne de fouilles. Les archéologues s’installent dès 1883 sur la partie sud des Arènes. Il faudra encore attendre la destruction du dépôt d’omnibus en 1913 pour que la partie nord soit (à nouveau) déblayée. Quatre ans plus tard, le site est restauré dans son entièreté, tel qu’on peut encore le découvrir aujourd’hui.

Arènes de Lutèce

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