Né à Saint-Pétersbourg en 1849 de parents français, Jean Béraud est l’un des peintres les plus prolifiques du XIXe siècle et celui qui représentera le mieux (et le plus !) le quotidien, majestueux ou banal, des Parisiens de la Belle Époque.

Le peintre de la vie parisienne à la Belle Époque

Contrairement à d’autres artistes restés dans l’ombre comme Eugène Galien-Laloue, Jean Béraud recevra très tôt la reconnaissance qu’il espère. Dès 1876, cet élève de Léon Bonnat à l’École des Beaux-Arts aura les faveurs des critiques grâce à son tableau Le Retour de l’enterrement, exposé lors du Salon de Peinture et de Sculpture de l’Académie des beaux-arts. Le critique et essayiste Victor Cherbuliez louera ainsi la capacité de Jean Béraud à nous montrer « les gens de l’honneur qui, aussitôt quittes envers le mort, retournent lestement à leurs affaires. » Car Jean Béraud, c’est ça : une capacité hors du commun à dépeindre les Parisiens dans leur quotidien.

Dépeignant tantôt des environnements majestueux comme la Pâtisserie Gloppe, située avenue des Champs-Élysées, tantôt des scènes banales du quotidien (Le Pont des Arts par grand vent, La porte Saint-Denis, etc.), Jean Béraud passera maître dans l’art de montrer la vie des Parisiens, de toutes les classes sociales : les bourgeois sont dépeints dans leurs calèches sur les Grands Boulevards ou lors d’une soirée mondaine au coeur de Paris, le peuple est mis en avant à travers ses « petits métiers » (Le marchand de jouets, au Quai du Louvre) ou lors de grands rassemblements populaires (La Marseillaise), les intellectuels sont racontés à travers des scènes de leur quotidien (La Salle de rédaction du Journal des Débats, La Partie de billard).

Mais Jean Béraud est aussi maître dans l’art de représenter les lieux les plus emblématiques de la capitale : les théâtres des Grands Boulevards, les nouveaux parcs et jardins érigés dans le cadre des travaux haussmanniens, les quais de Seine, les petites boutiques des rues du Vieux Paris, les monuments emblématiques de l’époque (Le Palais Garnier, la Colonne de la Bastille,…). Tous ces lieux sont dépeints avec une précision et une acuité épatantes que l’on retrouve chez peu d’artistes de son temps.

Aujourd’hui, une grande partie de ses oeuvres sont parties dans des collections privées aux quatre coins du monde, mais si vous souhaitez découvrir les tableaux de Jean Béraud à Paris, sachez que le musée Carnavalet (dont la réouverture est prévue au printemps 2020) et le musée d’Orsay sont les institutions qui possèdent le plus d’oeuvres dont il est l’auteur.

En attendant, on vous laisse découvrir quelques oeuvres majeures de ce peintre si emblématique de la Belle Époque :

Sur le boulevard (vers 1885-1889), The Haggin Museum de Stockton (Etats-Unis)
Sortie de la messe à l’église Saint-Philippe-du-Roule (vers 1877), New York, Metropolitan Museum of Art
Rue du Havre, vers 1882, New York, National Gallery of Art
Rue de Richelieu sous la pluie, Collection privée
Le Pont des Arts par grand vent (vers 1880-1881), New York, Metropolitan Museum of Art
La Porte Saint-Denis (vers 1879-1880), Collection privée
La Pâtisserie Gloppe (1889), Paris, musée Carnavalet
La Marseillaise (1880)
L’arrivée des midinettes (1901), Collection privée
Le chalet du cycle au Bois de Boulogne, RMN-Grand Palais – Bulloz
Après l’office à l’église américaine de la Sainte-Trinité (vers 1900), Paris, musée Carnavalet
Le marchand de jouets, au Quai du Louvre (vers 1883), Collection privée

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