Aux origines des maisons closes

26 octobre 2016

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Lupanar, bordel, maison close… autant de surnoms utilisés pour évoquer les lieux de plaisir qui peuplent Paris depuis la nuit des temps ! Ce sujet continue de fasciner et d’interroger… Découvrez donc la petite histoire des adresses libertines de la capitale !

Une origine vieille comme le monde

Dans la Rome Antique, les prostituées étaient surnommées les « lupas » – c’est-à-dire les louves – en référence à leur activité nocturne et sexuelle. Elles exerçaient dans les lupanaria, que le français gardera sous forme de lupanars. Au fil du temps, ces établissements connaîtront une histoire mouvementée, parfois tolérés, souvent réprimés, en fonction des divers gouvernements.

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Le Moyen-Age réglemente la prostitution

Certains rois, comme Louis IX, ont même changé d’avis au cours de leur règne : après avoir d’abord bannie la prostitution, le célèbre Saint-Louis opte finalement pour la tolérance en régulant l’activité des établissements spécialisés. Ils doivent être signalés par une lanterne rouge et les volets doivent être clos (d’où le nom de maison « close »). Ces maisons doivent également être situées loin des lieux saints (églises et cimetières), souvent en dehors des murs de la ville. Ces installations, en bordure de Paris, nous laisseront le nom de bordel.

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Le transport des filles de joie de l’Hôpital, 1755, Étienne Jeaurat, musée Carnavalet

La IIIe République est l’âge d’or des maisons closes

Après avoir été envoyées en prison par Louis XIV et Louis XVI, les prostituées se voient imposer une visite médicale mensuelle par Napoléon, qui légalisera la prostitution au début du XIXe siècle. Les filles non déclarées, surnommées les « insoumises », seront cependant punies. Mais, c’est sous la IIIe République (entre 1870 et 1940) que les maisons closes connaissent vraiment leur âge d’or avec environ 200 adresses officielles à Paris.

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Rue des Moulins : la visite médicale, 1894, Henri Toulouse-Lautrec

De célèbres maisons enviées par le monde entier

Certains établissements ont marqué l’histoire de la capitale, comme le One Two Two (au 122, rue de Provence), fréquenté par la haute société de l’époque dont le maharadjah de Kapurthala et toute sa suite ! Le Sphynx (31, boulevard Edgard Quinet) était l’un des plus luxueux avec ses décors néo-égyptiens, de même que le Chabanais (12, rue Chabanais) qui abrita entre ses murs les ébats de célébrités telles que Maupassant ou encore le roi Edouard VII.

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La fête est finie

En 1946, l’ancienne prostituée Marthe Richard fait voter une loi (encore en vigueur de nos jours) sur la fermeture des maisons closes, qui lui vaudra le sobriquet de « la Veuve qui clôt ».

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Sur les traces des anciennes maisons closes dans la capitale

Strictement encadrées par la loi, les maisons closes parisiennes étaient soumises à une relative discrétion. Pour qu’elles soient reconnaissables par les clients potentiels, elles étaient bien souvent habillées de lanternes rouges ou de néons, de fenêtres en verre dépoli ou opaque munies de persiennes, d’une porte équipée d’un judas grillagé ou surmontée d’un « gros numéro ». Au 122, rue de Provence, l’immeuble qui abritait le celèbre One Two Two a conservé son judas grillagé. On trouve également encore beaucoup d’immeubles présentant des numéros de grosse taille ou esthétiquement travaillés, notamment dans la rue du Faubourg Poissonnière ou encore au n°32 de la rue Ballu où se trouvait autrefois la maison close Les Pyramides.

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La façade de l’ancien One Two Two, dont les sept étages imposants étaient habillés de volets blancs toujours clos et la porte d’entrée toujours ornée de son judas grillagé.

Si vous souhaitez revivre la grande époque des courtisanes et du Paris libertin, découvrez notre visite guidée du Paris coquin !

Les 3 points à retenir

– L’histoire des maisons closes et de la prostitution a alterné des périodes de répression et de tolérance
– Pendant l’âge d’or des établissements de plaisir, sous la IIIe République, Paris comptait des adresses internationalement connues
– Les maisons closes ont fermé officiellement en 1946 suite à la loi Marthe Richard
– Aujourd’hui, on peut reconnaître l’emplacement des anciennes maisons closes par de nombreux petits éléments architecturaux distinctifs

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