Tour Montparnasse

Certains les trouvent sublimes, d’autres les haïssent. Dans tous les cas, ils ont fait polémique et accumulent, encore aujourd’hui, les reproches. Tour d’horizon de ces monuments emblématiques de la capitale qui divisent les Parisiens.

Le Sacré-Cœur de Montmartre

10 millions. C’est le nombre de touristes et parisiens qui visitent, chaque année, cet immense édifice catholique érigé sur la colline de Montmartre. Et pourtant, plus de 90 ans après son achèvement en 1923, l’existence même de cette basilique continue d’être un sujet de controverse. En cause, les circonstances de sa construction. Car, si le vœu d’édifier une église dédiée au Sacré-Cœur de Jésus à Paris date de novembre 1870, la suite de son histoire la lie irrémédiablement à la Commune de Paris, survenue six mois plus tard. La construction de la basilique n’a été votée par l’Assemblée nationale qu’en 1873, dans un contexte particulièrement tendu : la France se remet à peine de sa défaite contre les troupes allemandes, les Parisiens ont encore le souvenir douloureux du siège de Paris à l’hiver 1870, et les plaies du sang qui a coulé lors de la Commune sont encore vives.

Or, le gouvernement en place en 1873 est justement celui qui a écrasé le mouvement révolutionnaire. Aussi, le choix du lieu ne pourrait être plus polémique. Le Sacré-Cœur de Montmartre n’a jamais eu vocation à “expier les crimes de la Commune”, mais il a bel et bien été construit par un gouvernement opposé aux révolutionnaires, à l’endroit même où, quelques années plus tôt, des Parisiens étaient fusillés. Ainsi, encore aujourd’hui, le Sacré-Cœur est sujet à controverse, pour son histoire plus que pour son architecture.

Le Sacré Coeur de Montmartre
© Yann Caradec

La Tour Montparnasse

Trop haute par rapport au reste de la ville, peu agréable à regarder, dépourvue de toute qualité architecturale, la Tour Montparnasse ne laisse personne indifférent et l’on en parle rarement en bons termes. Depuis l’achèvement de sa construction en 1973, cette tour de 210 mètres, érigée à l’emplacement de l’ancienne gare de Montparnasse, n’en finit pas d’embêter les Parisiens et d’essuyer de nouvelles critiques. Sa seule qualité pour la plupart d’entre nous ? L’impressionnante vue à 360° qu’elle offre sur la capitale. Et puis, comme disait Maupassant pour parler d’un autre édifice ayant longtemps fait polémique – la désormais indéboulonnable Tour Eiffel ! – c’est le seul endroit de Paris d’où on ne la voit pas…

Tour Montparnasse

Le Centre Pompidou

Le 31 janvier 1977, le Centre Pompidou ouvrait ses portes pour la toute première fois au public. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette ouverture ne s’est pas faite sans bruit. Architecturalement, “Notre-Dame de la Tuyauterie”, comme certains aiment surnommer l’édifice, n’est pas du tout du goût de tout le monde. Tout en tuyaux, passerelles métalliques, canalisations et échafaudages apparents, ce grand édifice moderne étonne. Aussi, il est installé dans l’un des quartiers historiques les plus emblématiques de Paris, le Marais, et sa construction a imposé la destruction de plusieurs rues historiques, comme la rue des Vieilles-Étuves-Saint-Martin ou une partie de la rue Brisemiche.

Quarante ans plus tard, l’édifice est toujours décrié, mais l’institution, elle, fait (presque) l’unanimité. Grâce à sa programmation innovante et éclectique, le Centre Pompidou fait désormais partie des trois musées parisiens les plus visités par les touristes… et surtout par les Parisiens !

Centre Pompidou

Les colonnes de Buren et la pyramide du Louvre

Les colonnes de Buren, installées dans la cour d’honneur du Palais-Royal depuis 1984, et la pyramide du Louvre, édifiée au milieu de la cour Napoléon depuis son inauguration en 1989, ont un parcours pour le moins symétrique. Ces deux oeuvres modernes commandées par l’État français sont établies au cœur d’un monument historique, elles sont très différentes du site dans lequel elles s’inscrivent et ont obtenu un aval difficile de la part de la Commission supérieure des monuments historiques. Enfin, la polémique entourant leur construction a été telle qu’elles ont failli ne jamais voir le jour.

Une trentaine d’années après avoir vu les plaintes fuser de toute part et les concertations décider de leur maintien sur ses sites historiques, elles ne sont pas encore entièrement acceptées par les Parisiens. Elles ont néanmoins le mérite de poser une question essentielle : peut-on construire un édifice moderne au centre d’un site qui reflète une longue histoire nationale ? La rapidité avec laquelle ces deux projets sont parvenus à s’installer dans le patrimoine parisien semble être la meilleure des réponses.

Palais Royal et Comédie Française

La Canopée

L’imposante construction en verre recouvrant le centre commercial des Halles n’a été inaugurée qu’en 2016, mais a déjà connu plus d’une polémique. Un toit qui fuit dès qu’il pleut, du verre qui éblouit les habitants du quartier au moindre rayon de soleil, des travaux interminables qui ont impacté le quotidien de tous les Parisiens pendant des années, un coût de construction beaucoup trop important pour un édifice qui risque de mal vieillir… La canopée des Halles essuie de nombreuses critiques, souvent justifiées, depuis le début de sa construction et cela ne semble pas près de s’arrêter. D’autant plus que ce toit en forme de feuille est installé à l’emplacement des anciennes Halles de Baltard – démolies en 1971 et 1973 – si appréciées des Parisiens. Dès le début, la Canopée ne partait clairement pas favorite !

La Canopée des Halles

Cyrielle Didier