Que reste-t-il des fortifications censées défendre Paris ?

Que reste-t-il des fortifications censées défendre Paris ?

Imaginer Paris entouré de fortifications nous oblige à replonger plusieurs siècles en arrière. Pour se défendre, la capitale pouvait compter sur plusieurs systèmes de défense, tels que l’enceinte l’enceinte Philippe Auguste, l’enceinte de Thiers ou des forts. Les fameuses enceintes ont bien entendu presque disparu, mais c’est en s’éloignant de la capitale que l’on retrouve la trace des différents forts.

L’enceinte de Thiers

Au XIXsiècle, Louis-Philippe se met en tête de construire des fortifications autour de Paris. Le roi de France est persuadé que la défense du territoire national passe par une capitale imprenable. Cependant, le projet suscite quelques méfiance. En effet, certains y voient une tentative de contenir le peuple de Paris susceptible de se révolter contre le pouvoir en place. Malgré les contestations, les travaux commencent en 1841 et durent trois ans. Longue de 33 km, l’enceinte de Thiers, du nom du président du conseil des ministres qui a approuvé sa construction, se situe entre l’actuel boulevard des Maréchaux et l’emplacement du périphérique.

L'enceinte de Thiers

L’enceinte de Thiers lors de sa démolition en 1929

Mais la guerre franco-prussienne de 1870 et la Première Guerre mondiale prouvent en peu de temps l’inefficacité de ces installations face aux progrès adverses. L’enceinte de Thiers est finalement détruite entre 1919 et 1929. Aujourd’hui, il ne reste que de rares vestiges. L’un des plus importants est sans doute la Poterne des Peupliers, située dans le 13e arrondissement de Paris, entre la porte de Gentilly et la porte d’Italie.

Deux lignes de défense supplémentaires pour protéger la capitale

Bien avant la guerre franco-prussienne, la décision est vite prise de construire une autre ligne de défense, située cette fois à 5 km de Paris. Cette première ceinture se compose de 16 forts et d’ouvrages complémentaires, construits entre 1840 et 1845. Du Fort d’Aubervilliers au Fort de Charenton, en passant par celui de Vincennes, chaque fort porte le nom de la commune où il est situé ou qu’il défend. Parmi les autres forts de cette première ligne, on peut aussi citer ceux de Romainville, de Nogent ou encore de Vanves.

Fort de Charenton

Vue aérienne sur le Fort de Charenton dans les années 70

La guerre Franco-Prussienne de 1870 a largement montré les faiblesses du système. Ingénieur et militaire, Raymond Adolphe Séré de Rivières est chargé de renforcer les défenses. Une deuxième ligne, comprenant 17 forts supplémentaires, est donc construite à 20 kms de Paris.

Fort de Villiers

Fort de Villiers (Val de Marne)

Des sorts bien différents pour les forts

Pendant la Première Guerre mondiale, les forts jouent un rôle important dans la défense aérienne de Paris, mais ne sont d’aucune utilité pendant la Seconde. Ce n’est qu’après 1945 que les forts restants commencent à être réutilisés. Ils deviennent propriétés de l’Etat, d’une commune ou d’une association et l’accès y est généralement interdit. Si certains ont été détruits, d’autres ont subi de fortes dégradations au fil du temps.

Après de graves dégâts suite à la tempête de 1999 et plusieurs années d’abandon, le Fort de Villiers est depuis peu en pleine rénovation. Dans un meilleur état, le fort de Sucy-en-Brie (Val de Marne) peut compter sur la présence d’une association qui veille à la rénovation et l’histoire des lieux. Comme d’autres enceintes, le Fort de Sucy accueille aussi le club de tir de la ville.

Fort de la Double-Couronne

Gravement endommagé après une explosion en 1916, le Fort de la Double-Couronne sera détruit après la Première Guerre mondiale

 

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